Assise en tailleur à quelques mètres de l’eau, sur cette immense plage, elle soupira. La lune éclairait chacune des parcelles de sa peau et la chaleur que dégageait encore le sable contrastait avec le vent frais qui s’infiltrait sournoisement sous ses vêtements. Elle releva ses jambes pour les coller contre sa poitrine, les entourant de ses bras et tentant tant bien que mal d’enfoncer ses pieds le plus loin possible dans le sable frais.
Elle respira un grand coup et releva la tête admirant les étoiles.
- Et dire que ces vacances devaient être l’apothéose, le point final à cette année mouvementée…
Encore un soupir et elle posa sa tête sur ses genoux, basculant doucement d’avant en arrière, tentant de se bercer.
- Tu te berces d’illusions oui ma fille !! Réveilles toi un peu !
Des cris la fîrent se lever d’un bond, un groupe d’amis, ayant à première vue passer une excellente soirée, plus ou moins arrosée, arrivaient sur la plage, prêts à plonger pour un bain de minuit.
- Au moins, il y en a qui profitent !
Elle parcoura quelques mètres, s’éloignant du bruit pour retrouver le calme qu’elle était venue chercher sur ce coin de plage et s’installa sur un des transats laissé là.
- On était fait pour se rencontrer toi et moi !
Elle s’installa et ferma les yeux, écoutant avec attention le clapotis des vagues.
- Rien de plus relaxant !
- Depuis quand tu parles toute seule !?
Pendant un instant, elle avait envisagée pouvoir passer un moment tranquille et il fallait qu’il la retrouve, toujours les yeux clos, elle lui répondît :
- Depuis que je n’ai plus aucun ami digne de ce nom !
- Qu’est ce que tu racontes ?
- Qu’est ce que t’es venu faire ici Dr Folle Amour !!??? Tu ne veux pas me laisser faire ma déprime en paix s’il te plaît !
- Déjà tu vas me regarder quand tu me parles et deuxième chose tu vas arrêter de faire ta dépressive à deux francs six sous et tu vas te lever de ce transat !
- J’attends le premièrement pour ça !
- Hein ?
- Bah oui tu m’as dégainé le deuxièmement avant de balancer le premièrement alors maintenant je l’attends !
- Rooooooooohh tu m’agaces !!!!
Elle ré ouvra les yeux et planta son regard dans le sien. Ils ne s’étaient pas revus depuis quelques semaines, enfin deux en tout et pour tout et cette dernière rencontre les avait pas mal secoué. Néanmoins lorsqu’elle était partie ce matin là, en direction de l’aéroport, elle ne s’était pas doutée qu’elle aurait l’irrépressible envie de lui retirer chacun de ses vêtements et en un seul mouvement si possible.
- Depuis quand tu as le plus beau sourire au monde !?
- Depuis quand tu me fais ce genre de compliments ?
- Oui t’as raison ! Excuses moi ! Je vais aller me coucher, je pense que j’ai besoin de repos, je divague, je me prends la tête avec mon meilleur ami, mon ex m’accuse de l’aimer et ensuite je suis encore capable de lui faire des compliments ! Mais franchement on se demande si j’ai bien pensé à prendre mes pilules ! Aller sur ce « Bonne nuit ».
Elle retourna à sa chambre, verte de rage. Elle lui en voulait de ne pas avoir jouer le jeu, elle avait l’impression de s’être ridiculiser et ce qui l’agaçait plus encore c’est d’avoir eu l’impression que ce lien indescriptible, cette force magnétique qui les avait unie il y a de cela quelques années s’était tout d’un coup rompue. Il n’avait pas compris qu’elle cherchait sa tendresse, sa présence à ses côtés et ça elle ne l’admettait pas.
Elle ouvrît à la volée la porte fenêtre de sa chambre et tout en jetant ses tongs à l’autre bout de la pièce, se jeta à son tour sur son lit. Elle serra son oreiller contre elle et laissa échapper une minuscule larme puis s’endormît sans plus de cérémonie.
Les nuits tunisiennes n’étaient pas celles qu’elle préférait, la chaleur étouffante l’obligeait à se lever régulièrement pour s’hydrater et c’est au moment où elle s’était levé pour la troisième fois qu’elle l’aperçut. Il était là, allongé à quelques centimètres d’elle, elle aurait pu hurler, elle aurait pu lui demander de sortir mais elle n’en avait pas envie. Elle s’installa à ses côtés et entreprît de le réveiller délicatement en caressant sa joue.
Il balbutia et enfin ouvrît les yeux pour la regarder avec douceur.
- Tu ne dors pas ?
- J’avais soif ! Et toi qu’est ce que tu fais là ?
- Je ne sais pas trop, j’avais pas envie de dormir avec les mecs ce soir et tu me manques en ce moment !
- Et qui te dis que je vais te laisser t’incruster comme ça !?
- C’est déjà fait ! Tu n’as plus le choix.
Il s’approcha d’elle, elle entoura sa jambe autour de son bassin.
- Humm !!
- Hum quoi ?
- Rien ça faisait longtemps c’est tout !
- Je ne comprends pas !
- Ne fais pas ta vierge effarouché quand tu te colles à moi comme ça c’est que tu as une idée précise en tête !
- Ah non j’ai juste besoin d’affection !
- Oui c’est ça !
Il plaqua alors sa main dans son dos, la forçant ainsi à se cambrer, plaquant aussi sa poitrine contre son torse. Elle lui offrît son cou, il y déposa un baiser chaste, puis la sentant se détendre, laissa glisser le bout de sa langue de son cou au lobe de son oreille. Elle ne répondît toujours pas, il embrassa alors sa joue, l’amenant ainsi à lui dévoiler son visage et captura ses lèvres avec les siennes.
Un baiser doux mais plein de sous entendus, un baiser passionné qui suivît et son cœur vola en éclat, elle se dégagea doucement de son étreinte et tenta un instant de chercher dans son regard les réponses aux questions qui venaient de l’assaillir en quelques secondes.
- Pas ce soir ! Laisses toi aller !
Elle ne répondît pas et entreprît de le faire s’allonger pour qu’elle puisse le chevaucher. Elle ouvrît délicatement les boutons de sa chemise, en profitant au passage pour laisser ses doigts délicatement errés sur les traits que ses abdos dessinaient, arrivée au niveau de la ceinture de son pantalon, elle écarta les pans de sa chemise et le regarda encore, il lui souria.
Dans des gestes précis, elle s’appliqua à faire monter en lui le désir qu’elle-même ressentait depuis ces derniers jours. Ses mains à elle, collées à son torse et ses mains à lui, sur chacune de ses hanches. Il se releva, face à elle, en profita pour passer ses mains sous sa nuisette et tout en caressant le haut de ses cuisses, parcoura sa poitrine de baisers, elle jeta alors sa tête en arrière, sentant qu’elle ne contrôlerait plus rien, ses mains se serrèrent autour du cou du jeune homme et lui, réprima un râle de plaisir en sentant sous ses lèvres le désir de sa partenaire monté en flèche. Sans réfléchir il lui retira le bout de tissu qui entravait leur étreinte et il cala la jeune femme tout contre lui. Ils s’embrassèrent sans discontinuer, laissant leurs langues s’exprimer autrement que par les sarcasmes et les pics habituels. Elle accentua les mouvements de son bassin, quand se stoppant net, elle se leva et lui tendant la main pour l’amener à la rejoindre, se dirigea vers le patio attenant à la chambre.
Il la regarda étonné, puis la suivit. Elle se plaqua à l’un des murs frais qui entouraient les quelques centimètres carrés de verdure que son patio abritait et lui fît signe de venir.
- Tu sais qu’on peut nous voir et nous entendre !?
- Pas de questions ! Pas ce soir ! Juste un fantasme, juste une nuit…
Sans lui répondre, il se cala en elle, la laissant l’entourer de ses jambes, il la souleva délicatement et ses mains s’ancrèrent à ses hanches. Assuré comme elle l’était, elle en profita pour déboutonner son pantalon et à l’aide de ses talons le fît lentement glisser jusqu’à ses genoux.
- Hum une acrobate !!?
- Chut…
Il la souleva un peu plus et avec délicatesse glissa en elle. Plus rien, ni personne, le sol se dérobait sous ses pieds. Cette sensation de lâcher prise, ce sentiment de plaisir extrême, il ne le vivait qu’avec elle. Il la regarda, elle se mordillait les lèvres, décrivant des mouvements circulaires avec son bassin et il se sentait défaillir un peu plus à chaque seconde.
Elle ouvrît les yeux, le monde venait de s’arrêter de tourner, elle accentuait leur désir et elle aimait ça, une impression de contrôle total, une confiance en elle, un désir proche de l’extase qu’elle ne vivait qu’avec lui. Elle le regarda un instant et se stoppa, elle attira alors son visage vers le sien et collant sa joue sur la sienne, elle sentît son souffle saccadé sur son épaule.
- Tu me rends dingue…
Pour toute réponse, elle accéléra les va et vient de son bassin, si bien qu’elle-même se sentait partir sans rien pouvoir faire pour s’arrêter.
Il tenta de se défaire de son étreinte pour ralentir le mouvement mais cette sensation de bien être qui l’envahissait l’en empêcha, alors il la plaqua un peu plus contre le mur et mordilla timidement son épaule, doucement le rythme s’adoucit.
Elle laissa ses mains se hasarder sur son dos, sentant qu’il avait envie de tendresse, elle le laissa continuer à mordiller avec tendresse la moindre parcelle de peau de son buste. Et dans un souffle, glissa à son oreille :
- Une nuit ! Alors je veux en profiter…
Le réveil avait été difficile, la nuit avait été courte et ses exploits de la nuit avaient laissés des traces, ou plutôt ses souvenirs avaient laissés des traces. Lorsqu’elle avait ouvert les yeux, elle était seule et serrait son oreiller contre elle. Elle avait pris sa douche rapidement, laissant l’eau froide lui fouetter le visage et était sortie de la chambre, l’œil encore hagard, perplexe face à la situation de la veille. Avait elle rêvée ? Il n’avait laissé aucune trace et elle avait toujours sa nuisette sur le dos en se réveillant.
Elle se dirigea sans hâte vers la salle de restaurant pour aller prendre un café qui serait effectivement le bienvenu et dans des gestes mécaniques, avait récupérer tout ce dont elle avait besoin pour bien commencer sa journée, c’est au moment de se servir son café qu’elle l’aperçut, furtif, il avait disparu d’une seconde à l’autre et elle était resté là à se demander si elle venait de vivre l’une des plus belles nuits de sa vie ou si elle l’avait tout simplement fantasmé si fort que le rêve s’était approché de la réalité.
- Kay tu avances ou tu dors là ?
- Hein Quoi ?
- Tu attends depuis cinq minutes devant la machine à café, je sais que t’es pas du matin mais il y en a d’autres derrière qui s’en fichent total ma belle !!
- Oui oui désolé…
Elle se servît enfin, sous les soupirs des autres vacanciers et partît en direction de la terrasse.
- Kay, Kay attends moi ! Mais qu’est ce qui t’arrive ce matin ? T’as pas l’air bien !?
- Si si ça va ! Je vais m’installer là !
- Mais les garçons sont au fond ! Tu…
- Je préfère rester seule !
- Tu fais encore la gueule à Vinz ?
- Non ! Enfin Oui ! Tu vois faut que je reste avec moi un peu, il faut qu’on se cause moi et mon moi intérieur, histoire de faire le point !
- Le point sur quoi ?
- Karim je t’adore mais là c’est un sujet que je ne veux pas aborder !
- Si ça peut te rassurer, j’étais là et ils n’ont pas été trop loin et dès qu’il a su, il l’a gentiment largué !
- Et moi je te dirai franchement que je m’en cogne ! Je sais que vous avez du mal à digérer ma réaction, je le sais et je m’en fiche ! Il aurait dû le voir ! Pour la plupart d’entre vous, je vous ai vu galérer pour accéder aux différents postes que vous visiez, j’étais là quand vous n’aviez pas la forme et j’étais là aussi quand enfin tous vos efforts ont été couronnés de succès !! Alors je ne suis pas votre mère, je ne suis qu’une amie, la meilleure ou pas, ça on s’en fout ! Mais je n’en reviens pas de le voir déconner à ce point ! Vous vous rendez compte que si la gamine porte plainte ou même encore si ses parents l’apprennent et qu’ils portent plainte, tous ses efforts, tout le boulot abattu, tout ça, ce sera bon à jeter aux oubliettes ! Et pourquoi !? L’alcool, et une gonzesse qui pensent qu’à 16 ans il est bon de se comporter comme une bimbo !
- Bon on fait un truc, aujourd’hui je contiens le Vinz, histoire que vous restiez chacun dans vos cordes et ce soir, vous tenterez de discuter comme des adultes ! Tu veux bien faire ça pour moi ?
- Pour toi ?!
Elle lui souria franchement.
- Je vais voir ce que je peux faire !
- C’est tout ce que je voulais entendre !
Et il la laissa en lui lançant un clin d’œil.
Elle s’installa donc seule et ajusta sur son nez, ses lunettes de soleil.
« Rien de mieux qu’un petit déj pépère ! »
Du côté des garçons, Karim avait rejoint ses quatre autres compagnons de voyage et s’était installé tout sourire. Pensant sûrement pouvoir éviter les milliers de questions qui bouillonnaient sous le crâne de Vinz, il installa son assiette et ses couverts et c’est lorsqu’il allait se relever pour aller chercher ce qui lui manquait, que Vincent l’interpella.
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1. Eilahtan Le 28/12/2008 à 00:46
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