Chapitre 8 Souvenir

CHAPITRE 8

 

Pourquoi ???

 

Ils étaient rentrés tous les trois à l’appartement, Arno avait filé dans la chambre, rangeant ses affaires dans son sac. Mél n’avait rien dis sur le trajet, elle avait été choqué, des convulsions l’avait prise au moment ou elle aurait dû trouver les mots pour se défendre, mais aucun son, aucun mot n’était sorti de sa bouche. Elle avait monté les marches sans rien dire, elle regardait l’écran éteint de son téléphone en se demandant si elle était capable d’assumer. Elle le regardait plier ses affaires, elle n’osait pas briser le silence qu’elle avait installé.

-         Tu… Tu…

-         Je quoi ?

-         Tu pars ?

-         Tu veux que je fasse quoi d’autres ? avait il dit énervé.

-         Que tu restes ! Que tu me dises que tu ne me détestes pas ! Que tu penses qu’on va pouvoir régler ça ensemble !

-         Ce mec t’a traité de salope et j’en passe ! Tu n’as pas bougé ! Tu n’as rien dis !

-         Qu’est ce que tu voulais que je lui dise ?

-         Que tu as eu assez de sentiments pour ne pas lui faire de mal alors qu’il venait de perdre son père par exemple !

-         Et tu crois que ça aurait changé quoi ?

-         Je n’aurais pas eu l’impression que tu voulais me quitter à la seconde ou il est arrivé !

-         Mais à quel moment j’ai dis qu’entre nous s’était fini ?

-         Quand tu lui as répondu que tu étais désolé !

-         Il aurait peut être fallu que je grimpe sur une des gargouilles de Notre Dame pour hurler au monde que je t’aimais toi à ce moment là ?

-         Non mais lui dire que ça ne le regardait pas, ça t’aurais pu le faire !

-         Mais bien sûr que ça le regarde, c’est son meilleur ami ! C’est celui à qui il se confie, tu penses franchement qu’il allait choisir la meuf avec qui son meilleur pote sort depuis moins d’un an plutôt que Dom !

-         Je t’ai déjà dis que je ne voulais pas que tu prononces son prénom !

-         Mais il existe, il est là et même si je ne l’aime pas comme je t’aime toi, j’ai du respect pour lui et pour ce qu’il vient de vivre !

-         Ah donc on va faire un pacte, je demande à mon père ou à quelqu’un de ma famille de sauter d’un pont, comme ça je t’aurais peut être à moi !

-         Je ne lui appartiens pas, ni à lui, ni à toi et rends toi compte de ce que t’es entrain de me dire !

-         Je me rends compte ! Mais je connais quelqu’un qui m’aurait répondu « A situation désespéré, geste désespérant !!! »

-         Tu la sors de son contexte celle là !

-         Peut être mais si effectivement je suis désespéré je fais quoi ? Je te regarde partir ou je fais tout pour que tu restes là près de moi ? Il se rapprocha d’elle, posant son front contre le sien.

-         Je ne sais pas ! Enfin si je sais une chose c’est que je ne veux pas que tu partes ! Mais je ne veux pas qu’il souffre non plus !

-         On est trois à souffrir dans cette histoire !

-         Oui mais pour certains j’ai la place la plus sympa !

-         Et depuis quand ce que pensent les autres t’intéressent ?

-         Depuis que je viens de me faire insulter sur le parvis de Notre Dame !

Il avait lâché son sac et l’avait fais tomber sur le sol dans un fracas qui aurait pu en faire sursauter beaucoup d’autres, mais elle n’avait pas cillé, elle le regardait avec insistance et refermait les yeux de temps en temps, tentant d’imprimer son visage comme on imprime une pellicule photo.

-         Je ne vais pas te dire que tu es la femme de ma vie !

-         Je ne te croirais pas !

-         Je te dirai juste que j’aimerais que tu partages ma vie !

-         Je te dirai que si j’arrive à me sortir de tout ça sans trop d’égratignure, je serais heureuse d’en faire partie !

-         Rallume ton portable déjà !

-         Non je ne préfère pas, pas ce soir, pas après ça !

Et ils avaient rejoints le salon ou Clé les attendait, installé dans le canapé.

 

Journal de Mèl. 28/06/2002

 

La soirée s’était passé dans le calme, le dîner, le dvd et les on s’était vite retrouvé dans ma chambre. Je m’étais endormi dans ses bras, me sentant protéger de tout, du monde, des autres, de Dom aussi un peu, peut être. Il n’avait pas reparlés de la dispute, ni même de la réaction plus que vive de Jean Luc sur le parvis. J’ai eu mal, si mal à ce moment là, j’ai cru que mon cœur explosait à chacun de ses mots, chacune de ses phrases assassines. Je fermais les yeux et je l’entendais à nouveau. « Tu es la pire des garces !!! » et mon silence pour réponse, alors qu’il m’attaquait, « Je ne comprends même pas comment il a pu te toucher, tu es sale et lui aussi à cause de toi !!! », je me suis sentie, l’espace d’un instant, comme violé, comment pouvait il me traiter comme ça et comment j’ai pu ne pas me défendre ?

Je revoyais Arno qui tentait de me défendre et qui se faisait à son tour insulter « Toi fermes ta gueule où je t’explose la gueule, espèce de petit con !! De toute façon rassures toi tu vas y passer !!!! », Clé qui ne disait rien, elle s’était juste approcher de moi pour me prendre dans ses bras, pour me rassurer ou pour me protéger, je ne sais pas.

Je suis fatigué, fatigué d’avoir jouer à un jeu dangereux et aujourd’hui de voir que finalement j’aurais dû faire mal de suite et ne pas tenter de jouer la petite amie aimante qui soutient. Je repense à sa famille, à sa mère à qui j’ai ouvert mes bras, j’ai eu les épaules larges et le cœur lourd pendant cette semaine, les laissant s’énerver quand ils en ont eu besoin, je les ai bercés quand ils ont eu besoin de pleurer, j’ai même tout fait pour qu’ils reprennent le cours de leur vies sans encombre, courant dans tous les sens pour récupérer des fringues chez l’un, des bouquins de cours chez l’autre et pour tout ça je n’ai pas entendu ni attendu de Merci. Vous me direz qu’on ne pense pas à la politesse dans ce genre de situation, peut être !? Mais j’ai eu mal comme eux, j’ai eu mal de voir un homme que j’aime, car oui je l’aime avec ses défauts et ses qualités, j’ai eu mal de le voir souffrir à ce point et je me suis sentie si petite, si moche de lui faire du mal en le trompant presque sous son nez. Arno a raison, nous sommes trois à souffrir, personne ne peut sortir sans traces d’un tiercé pareil.

Mon cœur se serre à cette pensée et mon souffle se fait de plus en plus court, j’ai besoin d’air. Je sors du lit, la chaleur de cette fin du mois de Juin m’étouffe, me rend folle. Je suis perdue, je me suis levé, j’ai rejoins la cuisine dans le noir, je me suis servi un verre d’eau, mon cœur se serrait encore plus, ces battements réguliers en tant normal me paraissent prendre un rythme saccadé, je me plie en deux, je cherche le sol, mon corps collé au mur, je glisse doucement, je sens que je ne peux plus respirer, ma poitrine se serre, je me sens partir, je regarde le mur et j’ai l’impression que ce sont mes derniers soupirs… Je tourne la tête vers le salon, l’horloge indique 1h58. Est-ce la dernière chose que je verrais ? Des pas, des cris et je m’évanouis.

Mèl avait repris ses esprits quand elle entendît entrer dans le salon, les pompiers que Clé et Arno avait appelé. Elle essayait de parler mais elle n’y arrivait pas encore, elle secouait la tête, tentant de leur faire comprendre que tout allait bien mais elle ne parvenait pas à se faire comprendre.

-         Qu’est ce qui s’est passé exactement ? demanda un des pompiers à Clé qui restait pétrifié. Mademoiselle je dois savoir ce qui s’est passé !

-         Je… je ne sais pas !

-         Elle a pris quelque chose ? Elle a des antécédents cardiaques ?

-         Je n’en sais rien…

-         Est-ce qu’on peut joindre quelqu’un qui soit au courant ?

Mèl s’était agité d’un coup, retirant le masque à oxygène que les pompiers avaient placés sur ses lèvres en arrivant.

-         Vous êtes son petit ami ? avait demandé un autre des pompiers à Arno qui était resté en retrait. Monsieur ? Vous êtes son petit ami ?

Il ne répondait pas. Mèl reprenait peu à peu ses esprits et retira franchement son masque à oxygène et d’une voix tremblante s’adressa aux hommes qui tentaient de comprendre ce qui lui arrivait.

-         C’est une crise d’angoisse !

-         Calmez vous mademoiselle ! Respirez lentement et expliquez moi !

-         C’est une simple crise d’angoisse !

-         Vous en avez déjà eu ?

-         Oui !

-         Aussi violente ?

-         Non !

-         On va vous faire un ECG pour voir si votre cœur va bien !

-         Il va bien !

-         Laissez nous vérifier, vous voulez bien !

-         Allez y !

L’encéphalogramme n’était pas des plus glorieux mais lorsque Mèl comprit qu’ils allaient décider de l’emmener à l’hôpital elle ne les laissa pas parler et refusa.

-         Vous savez que c’est dangereux !

-         Je vais bien je vous dis !

-         Non vous n’allez pas bien, vous allez vous sentir mieux pendant quelques heures voir quelques jours mais ça recommencera !

-         Je vais faire en sorte de me reposer, ne vous inquiétez pas !

-         Qu’est ce que vous faites dans la vie ?

-         Je suis conseillère de vente !

-         Vous pouvez aller chez le médecin ?

-         Oui j’irais demain ! Je vais signer votre décharge et je vais retourner me coucher si vous voulez bien !

-         D’accord mais si vous sentez le moindre signe de fatigue ou de faiblesses respiratoires, vous filez aux urgences et vous présentez le compte rendu d’intervention !

-         D’accord !

Mèl avait signée et les pompiers étaient repartis aussi vite qu’ils étaient arrivés. Clé était resté immobile, au milieu du salon et Arno lui était resté dans le couloir, un spectateur, voilà ce qu’il avait été.

-         Bon je vais me coucher !

Elle s’était levée péniblement du canapé ou on l’avait installé et se dirigea avec peine jusqu’à sa chambre.

-         Je te rappelle qu’on se lève dans 6h alors tu ferais bien de venir te coucher aussi. Et toi ma belle tu devrais te remettre au lit. Je vais bien, je t’assure !

Mais Clé ne bougeait pas hypnotisé. Mèl fît alors demi tour et la rejoignît, d’une voix douce elle lui répéta.

-         Je vais bien ma belle ! Je t’assure !

-         Non mais tu es… Tu es…

-         Je suis quoi ?

-         Non il paraît qu’il faut que tu évites de t’énerver et si je m’énerve tu vas t’énerver alors je me tais ! Mais si tu te retrouves à l’hôpital dans les prochains jours, je te jure que… Je te promets que…

-         Que ?

-         Rien… Vas te coucher ça vaut mieux !

-         J’y vais alors !

Elle passa devant Arno, elle ne voulait pas le regarder, elle savait qu’il pensait la même chose que son amie et elle ne voulait pas l’entendre lui faire des reproches. Elle entra dans sa chambre, se coucha et attendît qu’il vienne le rejoindre. Il rentra sous les draps, la recouvrant d’un geste presque paternel, il la serra contre lui, elle cala sa tête dans son épaule et au moment de s’endormir, elle l’entendît lui dire dans un souffle « plus jamais ça ! ». Elle ferma les yeux, sans lui répondre.

-         Allez debout fainéant !

-         Hummm !!!

-         Aller on doit être au boulot dans une heure !

-         Hein ?

-         Oui, allez files à la douche !

-         Mais t’es déjà debout ?

-         Oui.

-         Et t’es déjà prête ?

-         Aussi !

-         Et tu te sens bien ?

-         En pleine forme !

-         Je croyais que tu devais aller chez le médecin ?

-         Je ne vais pas aller chez le médecin alors que je me sens bien !

-         Et si ça t’arrive à nouveau ?

-         Ça n’arrivera pas !

-         Depuis quand tu es devin ?

-         Bon on ne va pas jouer à ça pendant des heures, je me sens bien et je te signale que ça fait une semaine que je n’ai pas bossé !

-         Et ?

-         Et je ne veux pas louper une journée de plus !

-         Ah et qu’est ce que tu crois ! Que si tu n’y vas pas on te prendra ta place ? Où alors que Anne-So me saute dessus ?

-         Les deux mon Capitaine ! Bon files sous la douche !

Ils partirent au travail quelques minutes plus tard, Mèl ne disait rien par peur de provoquer une discussion qu’elle ne serait pas capable de gérer. Elle avait pris l’habitude depuis le début de sa relation avec Dom, elle ne déclenchait aucune conversation dont elle ne connaissait pas l’issu, à part celle où elle ne se contenait plus et qu’elle laissait évacuer la pression cumuler. Pourtant au moment précis où elle crût qu’elle allait pouvoir y échapper, elle le sentît se contracter sur son passage de vitesse.

-         Tu sais que dès que Patrick mettra les pieds au labo il sera au courant ?

-         Au courant de quoi ?

-         Ne joues pas l’idiote, ça ne te va pas !

-         Ecoutes tu n’as aucunement le droit de balancer ce genre d’info perso à mon responsable !

-         En tant que collègue non !

-         Et en tant que quoi tu vas te permettre de le faire ?

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Dernière mise à jour de cette page le 28/06/2008

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