Chapitre 7 Souvenir

CHAPITRE 7

 

Et maintenant ????

 

Ils avaient dormis deux heures et s’étaient levés ensemble, rejoignant le canapé du salon pour le petit déjeuner. Clé avait déserté et eux profitaient du calme pour échanger caresses et baisers sans véritable retenue.

-         Comment on va faire au taf ? avait demandé Mél amusé d’avance par les échanges qu’ils allaient pouvoir effectuer lors de leur journée de boulot.

-         On fera comme d’habitude !

-         Comment ça ?

-         Je te courrais après et tu m’enverras sur les roses !

-         Je ne t’ai pas envoyé sur les roses, la preuve ! Je suis en ce moment dans tes bras, sous la couette dans mon salon !

-         Ah oui c’est vrai j’avais complètement oublié ! Un instant j’ai cru rêver ça doit être pour ça !

-         Oui on dira que tu as un cerveau de blonde aussi !

-         C’est pas très gentil pour les blondes ça, surtout que la femme que j’aime est blonde, enfin une fausse blonde mais blonde quand même !

-         Hummm que j’aime t’entendre dire la femme que j’aime !

-         La femme que j’aime !

-         Arrêtes je vais te sauter dessus !

-         Bah en même temps on doit être au boulot dans trois heures, alors on a le temps !

-         Non ! Et puis ce ne serait pas raisonnable !

-         Et si je n’ai pas envie d’être raisonnable !

-         Non mais non ! Je vais aller prendre un bain, ça me fera le plus grand bien !

-         Oui moi aussi je te suis !

-         Ne t’ai pas invité pourtant !

-         Oui mais je m’incruste !

Ils se dirigèrent vers la salle de bain quand le téléphone de Mél se mît à sonner.

-         Ah tu prépares la baignoire, je te rejoins, ce doit être Wally qui galère avec une machine !

-         Ok !

Elle pressa le pas pour rejoindre sa chambre et l’objet bruyant qui la sortait du rêve qu’elle vivait en cette belle matinée et sans même regarder l’écran décrocha.

-         Oui allo !

-         Allo c’est moi !

-         Oui Dom ! Qu’est ce qui se passe ? ça n’a pas l’air d’aller ?

-         Je… Je…

-         Dis moi qu’est ce qu’il y a ?

-         C’est mon père !

-         Quoi ton père ? Dis moi, parles moi !

-         Il est décédé cette nuit !

-         Non !

-         Je suis chez moi, je viens de l’apprendre, je ne sais pas quoi faire !

-         J’arrive !

-         Non, je sais que tu bosses, ne te déranges pas !

-         Si si j’arrive ! Je… Je… suis désolé, je t’aime mon cœur !

-         Moi aussi.

Et il avait raccroché. Elle resta là assise sur son lit, immobile, totalement incapable de bouger quand elle vît la porte de sa chambre s’ouvrir sur un Arno souriant.

-         Tu me rejoins ou… Mais qu’est ce qui se passe ?

Elle fondît en larmes.

-         Qu’est ce qui t’arrives ma puce ? Dis moi…

-         C’est… c’est Dom !

-         Quoi ? Il arrive ?

-         Non… Il vient d’apprendre que son père est décédé cette nuit !

-         Je suis désolé !

-         Je sais !

Elle posa sa tête sur son épaule, et pleura, le laissant la réconforter.

-         Je ne le connaissais pas, mais de savoir qu’il souffre !

-         Je sais, je sais !

-         Faut que j’appelle le labo pour prévenir que je ne serais pas là aujourd’hui ! Je suis désolé, je te laisse comme ça mais….

-         C’est rien ! Tu m’entends c’est pas grave ! Vas le rejoindre ! Je comprends qu’il ait besoin de toi près de lui !

-         Tu es sûr ? Tu ne m’en veux pas ?

-         Je t’ai déjà dis que je ne t’en voudrais jamais de rien ! Je vais t’emmener même si tu veux !

-         Non je ne veux pas abuser !

-         Si abuses ! Je suis là pour ça aussi !

-         Je vais prendre ma douche, je me dépêche !

Elle entra dans la salle de bain, continuant à pleurer pour une personne disparue qu’elle ne connaissait pas, mais pour un homme qu’elle aimait. Elle s’en voulait tellement d’avoir passer la nuit avec l’un pendant que l’autre apprenait la mort d’un être cher, elle culpabilisait. Elle se tordît de douleur, sentant son cœur s’emballait, elle entreprît de reprendre son souffle, elle parvînt à calmer les palpitations qui l’avaient envahis, péniblement. Elle était sortie de la douche, en sueur, comme si l’eau ne l’avait pas lavé de ses pêchés. Elle se dirigea dans sa chambre, tel un zombie. C’est à ce moment là qu’elle réalisa qu’elle n’avait pas encore prévenu de son absence du jour et des jours qui viendraient peut être. Elle récupéra son portable et composa le numéro du labo, Arno la regardait faire, il restait là à quelques mètres près à la rattraper au cas ou elle tomberait.

-         Photo Land Vélazy 3, Anne-Sophie à votre service…

-         Salut c’est Mélinda, tu peux me passer Patrick s’il te plait !

-         Il n’est pas là !

-         Et Jean Claude ?

-         Non plus !

-         Ok tu peux leur dire que je ne serais pas là aujourd’hui s’il te plaît !

-         Depuis quand t’es aimable ?

-         Depuis quand tu réalises que les gens le sont ?

-         Je ne vois pas le rapport !

-         Bon écoutes, j’ai ni l’envie, ni la patience de me lancer dans une joute verbale avec toi, alors tu peux passer le message s’il te plaît !

-         Ah bah Patrick vient d’arriver je te le passe !

-         Oui Mél ! Avait lancé Patrick sur un ton enjoué.

-         Patrick, écoutes je suis désolé je ne vais pas pouvoir venir aujourd’hui !

-         Ah !

-         Oui écoutes ce n’est pas ce que tu crois, mon ami vient de perdre son papa et je vais le rejoindre.

-         Ah ok ! Ecoutes tu m’appelles juste ce soir pour me dire si tu penses être là demain dans ce cas !

-         Pas de problème ! Merci !

-         Bon courage ma grande !

-         Oui à vous aussi !

Et elle avait raccroché sentant son cœur s’emballait une fois de plus. Elle s’asseya un instant, reprenant sa respiration.

-         ça va ?

-         Oui c’est juste une petite crise d’angoisse, rien de grave ne t’inquiètes pas !

-         Tu es sûr ?

-         Oui oui.

-         Bon on y va !

-         Oui je te suis !

Elle profita de ses quelques pas d’avance pour se retenir à l’encadrement de la porte, respira un grand coup et le suivît.

Ils avaient rejoints la voiture en silence, et le reste du trajet s’était passé de la même façon, elle lui avait indiqué la route entre deux pleurs et lui n’avait rien dis, passant machinalement les vitesses, regardant droit devant lui, trop peiné de la voir dans cet état.

-         Arrête toi là s’il te plaît !

-         Tu es sûr ?

-         Oui si tu t’arrêtes devant la caserne les mecs vont se poser des questions !

-         J’avais oublié qu’il est gendarme !

-         Eh oui !

-         Ça va aller ?

-         Oui oui, faut juste que je m’arrête de pleurer, c’est à moi de le consoler et pas le contraire !

-         Tu es forte, tu vas y arriver ! Et si tu as besoin tu m’appelles !

-         Surtout si je ne donne pas de nouvelles de suite, tu ne t’inquiètes pas !

-         Promis !

-         Je t’envoie un message dès que je peux et je t’appel dès que je suis seule !

-         D’accord !

Elle s’était approchée de lui et elle avait déposée un baiser tendre sur sa joue, elle aurait voulue l’embrasser mais elle ne voulait pas que la culpabilité l’accable à nouveau à quelques minutes de retrouver Dom. Elle sortît de la voiture, resserra sa veste autour de sa taille, en plein mois de juin elle avait l’impression que l’hiver s’était installé, il avait fais demi tour et lui avait fais signe de la main en partant, elle lui avait répondu, et une larme avait une fois de plus perler le long de sa joue. Elle longea le mur de la caserne, sentant ses pas se faire de plus en plus lourd et arriver à l’entrée elle avait pour la énième fois, inspirer un grand coup. Celui qui faisait le planton, lui adressa un bonjour, lourd de sens, la caserne entière devait être au courant. Elle présenta sa carte d’identité à l’entrée, et souhaita une bonne journée. Les bâtiments qui d’habitude ne lui paraissaient pas si triste avaient l’air d’avoir pris un habit de circonstance, un gris couleur d’un ciel de pluie les avait tous happés et elle s’avança, prudente, inquiète vers l’entrée du bâtiment qu’il habitait.

Là devant la porte d’entrée, elle avait retrouvée les compagnons de galère comme il les appelait, elle ne les connaissait pas tous et pourtant eux la connaissaient. Ils la laissèrent tous passer, elle reconnaissait alors ceux qu’elle avait eue la chance de rencontrer à la volée, ou entre deux portes. Son meilleur ami d’abord, Jean Luc qui lui avait glissé à l’oreille un « Bon courage » qui avait eu le don de lui glacer le sang. Elle arrive devant la porte, entre l’envie de fuir et l’envie d’hurler, elle ne savait plus quoi faire, la tension, la tristesse, toute l’émotion qu’elle avait ressentie lorsqu’il lui avait annoncé la nouvelle, toute cette sensation, elle la ressentait à nouveau, se la prenant en plein visage. Lorsqu’elle entra dans le salon, elle vît d’abord une jeune fille, d’à peine 17 ans qui pleurait, sa sœur s’était elle dis, et ensuite un gamin, un ado plutôt installé sur le canapé, cachant ses larmes dans son sweat trop large, et lui assis au milieu de la pièce. La famille était réunie. Elle s’avança timidement et elle entendît des sanglots dans la pièce d’à côté, elle se retourna vivement, regardant de tous côtés et c’est sa mère qu’elle aperçut dans la cuisine. Elle se retourna et enfin elle capta son regard, il s’était levé, faisant signe de la main à son ami d’arrêter de parler et était venu se réfugier dans ses bras. Ils n’échangèrent pas un mot, il pleurait, elle aussi, ils s’installèrent sur le canapé, elle lui caressait la joue, ce qui avait le don de l’apaiser, de le calmer et le flot de larmes qui avaient envahis son regard en quelques minutes. A nouveau il se leva, se plantant droit comme i près de son frère et lui posa une main sur l’épaule, son petit frère, sa chaire, son sang, et celui-ci craqua à son tour, se réfugiant dans les bras de son grand frère. Elle tourna alors la tête et aperçut sa mère, toujours debout dans la cuisine, faisant semblant de préparer à manger, elle tournait le dos à l’assistance. Mél se leva et la rejoigna, sans un mot elle récupéra la cuillère en bois qu’elle faisait frénétiquement tourner dans de l’eau bouillante et cette femme qu’elle ne connaissait pas, cette femme si forte d’apparence, la prît alors dans ses bras et sanglota.

Pendant les jours qui suivirent, les mots avaient perdus de l’importance, l’enterrement se fît dans la plus stricte intimité, la famille, les amis, proches, les autres avaient été exclus, invités à venir boire le verre de l’amitié. Mélinda avait eu du mal à accepter le concept du verre que l’on trinque à la mémoire du disparu mais elle n’en avait rien dis, préférant les laisser s’occuper de tout cela. Cela faisait quatre jours qu’elle n’avait pas réapparu au travail et qu’elle n’avait pas mis les pieds chez elle, par chance, elle avait laissé des vêtements chez Dom et elle avait pu pallier à la demande. Elle avait d’ailleurs acheter des vêtements pour la cérémonie, des vêtements qu’elle s’était empressée de fourrer dans un sac juste après, dans le but de les brûler dans la cheminée de ses parents dès qu’elle en aurait l’occasion. Elle ne voulait et ne pouvait les garder. Elle avait appelé son père, non pas qu’il était la personne la plus appropriée dans ce genre de cas mais elle avait eu besoin de l’entendre, juste pour lui dire qu’elle l’aimait. C’est au matin du cinquième jour qu’elle décida de les laisser en famille, convenant avec Dom qu’il viendrait s’installer chez elle pendant quelques jours, le temps de retrouver une certaine stabilité et un calme qu’il cherchait désespérément chez lui.

Elle rentra fatiguée et retrouva son salon, son canapé, l’ordinateur de Clé ouvert, signe que la jeune femme ne devait pas être loin. Elle posa son sac par terre, regarda la moquette un instant, puis la fenêtre, le paysage n’avait rien de changer mais en elle, tout avait été chamboulé. Elle avait l’impression d’avoir vécu un cauchemar et qu’elle s’en extirpait péniblement. Elle glissa jusqu’au canapé et aperçut la mine de son ami dans le couloir.

-         Ne me regardes pas comme ça ma belle ! Viens me voir !

-         C’est juste que je ne sais pas quoi tu dire pour te réconforter !

-         Bah tu sais j’ai été dans la même situation que toi toute la semaine et j’ai compris que des fois les mots ne servent à rien !

-         Oui tu as raison ! Est-ce qu’on peut parler d’autres choses alors !

-         Tout dépend du sujet !

-         Arno !

-         Oh Arno ! Qu’est ce qu’il m’a manqué celui là !

-         Je suis rassuré alors !

Noter cette page

0/10 sur 0 vote

Sélectionnez une note dans le menu déroulant.
Commentaire (0)

Aucun commentaire

Ajouter un commentaire
Vous

Votre message

Plus de smileys

Champ de sécurité

Veuillez recopier les caractères de l'image :



Dernière mise à jour de cette page le 28/06/2008

Créer un site internet gratuit avec E-monsite.com - Signaler un contenu illicite - Voir d'autres sites dans la catégorie Littérature
Videos Droles - Clips musique - Cours création de site web