Chapitre 6 souvenir

CHAPITRE 6

 

Comment faire après ça ?

 

Elle s’était réveillée dans ses bras, se sentant plus légère que la veille, rassurée, un peu, détendu, pas vraiment mais au moment où elle ouvra les yeux il était là prés d’elle, son visage collé au sien. Elle caressa sa joue avec le dos de sa main, il se réveilla à son tour et la contemplait comme hypnotisé.

-         Salut toi ! Tu as bien dormi ?

-         Oui et toi ?

-         Bien merci, je vais préparer du café, tu peux me déposer au boulot en partant ?

-         Bien sûr ! Mais si tu veux vraiment que je te laisse sortir du lit il va falloir que j’obtienne une petite compensation en échange !

-         Ah oui et laquelle ?

-         Hummmmmm, un gros câlin !

-         C’est tout ?

-         On verra si on a le temps pour le reste !

Elle s’approcha de lui, collant son visage contre son torse, elle se sentait bien à ses côtés, à cet instant tout le reste, tout leur problème s’envolait en fumée.

-         Tu sais ma belle, je ne veux pas tout gâcher mais on a dit qu’il fallait qu’on discute et on n’en a pas vraiment eu le temps hier soir !

-         Et tu le regrettes ?

-         Non j’ai aimé, vraiment aimé mais si on ne discute pas on arrivera jamais à régler ce qu’il y a à régler et ça ne s’arrangera pas !

-         Je sais tout ça ! avait elle dis en se levant à moitié, prenant appuie sur son torse pour pouvoir le regarder.

-         Tu sais que tu es belle le matin au réveil ?

-         Il parait !

-         C’est moi ou tu te la pètes ?

-         Non sûrement pas ! Je confirme ! Et puis suis belle que le matin ?

-         Non tu es belle c’est tout !

-         Je t’adore !

-         Moi aussi !

-         Bon c’est pas tout ça mais y’en a qui bosse aujourd’hui et en plus je passe mon éval aujourd’hui donc debout jeune homme !

-         Bon d’accord ! mais tu passes quoi comme éval aujourd’hui ?

-         Suis-je capable de gérer l’équipe, le planning et les commandes matériel ?

-         Attention tu vas bientôt passer responsable ? avait il dit sur le ton de l’ironie.

-         Faut pas abuser quand même !

-         Je me disais que j’allais peut être pouvoir arrêter de bosser et vivre haut dessus de mes moyens grâce à toi !

-         Tu rêves ! avait elle lancé avant d’entrer dans la cuisine.

-         Mais c’est quoi ce boucan ? Clé était sorti de sa chambre, les cheveux en pagaille et l’œil vitreux.

-         Oh merde je suis désolé Clé, on t’a réveillé ?

-         Si peu !

La jeune femme se gratta la tête puis les yeux et avait suivi son ami dans la cuisine, pendant que Dom prenait sa douche.

-         Alors tu pars avec un mec et tu reviens avec un autre ? Va falloir qu’un jour tu m’expliques comment tu fais tes tours de magie parce que là je suis épaté !

-         Très drôle !

-         Bah en même temps si je pouvais faire la même avec Jules !

-         Ça s’est mal passé ?

-         Bah si on dit qu’on s’est séparé et que pendant une bonne partie de la nuit il m’a tenu la jambe par téléphone, me suppliant de le garder, tu dis que ça s’est mal passé c’est que… ça s’est mal passé !

-         Je suis désolé !

-         Tu n’as pas à l’être ! Fallait bien que je le plaque un jour, je le supportais plus !

-         Je sais bien mais ce n’est jamais simple !

-         C’est la vie ! Bon il se termine ton café que je puisse me recoucher !

-         Tu ne bosses pas aujourd’hui ?

-         Non j’ai décidé de me prendre une journée, histoire de glander un peu !

-         Ok !

-         Eh mais toi va vraiment falloir que tu m’expliques ton tour de magie !

-         Ce soir ma belle ! Ce soir tu auras tous les détails mais pour l’instant faut que je me prépare !

-         Ouais tu t’en sors bien ! Bon je me prends un café et j’investis le canapé !

-         Vas t’asseoir je te le ramène ton café !

-         Merci.

-         De rien !

Les minutes passèrent à la vitesse de l’éclair et Mél se préparait aussi vite qu’elle le pouvait, sous le regard amusé de Dom et celui médusé de Clé qui s’était installé confortablement dans le canapé, une couverture, un oreiller et elle était prête à passer la journée à lézarder.

-         Elle est mimi quand elle court dans tous les sens !

-         Oui enfin je préfère quand elle s’arrête quand même !

-         Oui mais toi tu ne penses qu’au moment ou elle s’arrête pour venir te peloter !

-         On peut dire ça pour un mec ?

-         On le dit bien pour une fille ! Pourquoi on devrait changer le mot pour les mecs ?

-         Je ne sais pas !

-         Pff ! Réplique typiquement masculine !

-         T’es remonté ce matin toi dis moi !

-         Un peu j’avoue ! Mais votre réveil en fanfare n’a pas aidé

-         Eh les deux là au lieu de causer, y’en a pas un des deux qui serait assez sympa pour passer un coup de fer sur ma chemise, parce qu’elle a morflé hier quand je l’ai mis dans mon sac et c’est pas le jour à arriver froisser !

-         Bah vu ta tête ce matin je pense que c’est loupé !

-         Très drôle ! Bon je termine de me maquiller alors s’il vous plaît soyez sympa et ayez pitié de moi pour une fois !

-         Pour une fois ? avait dis Clé sur le ton de la plaisanterie.

-         Clé ! Suppliait Mél.

-         Bon ok ! Comme j’ai décidé de glander aujourd’hui je veux bien faire un effort !

-         Merci ma belle !

-         Et les hommes l’emportent une fois de plus ! Avait lancé Dom, se tapant le torse comme l’homme des cavernes avec qui il aimait se comparer parfois.

Une chemise repassée, un coup de fard à paupières, un zest de parfum et Mél avait pressée le pas à Dom pour partir.

Dans la voiture, elle relisait ces notes, absorber par les lignes de « Comment faire une commande ? » ou bien de « Gérer les pauses déjeuner de vos équipiers ! », elle ne voyait pas les regards en coin que lui lançait Dom.

-         Tu vas relever la tête deux minutes ?

-         Non franchement là je ne peux pas !

-         Ce n’est pas en lisant tes trucs dix minutes avant que tu les auras forcément en tête au moment T !

-         Merci de me rassurer !

-         Mais non ! Mais ce que tu ne comprends pas c’est qu tu sais déjà tout ça ! Gérer une équipe t’as ça dans le sang, tu sais le faire alors pas besoin de le lire dans les bouquins. Pour ce qui est de faire une commande, si tu sais faire un inventaire, tu sauras faire une commande !

A l’évocation de l’inventaire, elle sentît son cœur s’emballer, elle savait effectivement gérer une équipe mais saurait elle le gérer lui, après ce qu’elle avait fais. Est-ce qu’il serait assez intelligent pour ne pas lui en tenir rigueur et la laisser passer son évaluation sans être un obstacle, ça elle n’en était pas sûr. Certes son texto de la veille se voulait rassurant mais après avoir passer la nuit à ruminer, serait il aussi compréhensif ?

Elle tenta tant bien que mal d’écouter les recommandations et les encouragements de son homme pendant le reste du trajet mais elle ne voyait que lui, à chaque fois qu’elle fermait les yeux, elle le voyait, elle le sentait, le ressentait. L’arrivée sur le parking fût presque solennel, un silence de mort plongea l’habitacle dans une tension que Dom avait ressenti comme l’appréhension de sa future journée mais elle savait que c’était le souvenir d’Arno tentant de l’embrasser qui l’avait rendu presque muette.

Elle s’était retournée, l’avait embrassée presque mécaniquement et était sorti, prenant une grande inspiration, comme la veille elle avait l’impression qu’elle étouffait.

Elle arriva au magasin, fît la bise à tout le monde, tentant tan bien que mal de cacher son stress à ses responsables. Elle le cherchait du regard mais elle ne le trouvait pas, peut être s’était il porté pâle, histoire de ne pas avoir à la croiser. Elle grimpa les quelques marches qui la séparait de la réserve, rangea son sac dans son casier et épingla son badge sur sa chemise, elle allait redescendre quand elle entendît des voix qui provenaient du bureau, elle s’approcha lentement et reconnût celle d’Anne-sophie, s’extasiant ou plutôt bavant sur… sur Arno !

-         Tu sais que tu es vraiment pas mal comme mec ?

-         Non je ne le savais pas mais c’est gentil de le dire !

-         Dis moi ça te dirait qu’un soir on aille prendre un verre toi et moi ?

-         Bah franchement les relations en dehors du boulot c’est pas mon truc !

-         Ah bon pourtant j’avais l’impression qu’avec ta bande de nazes vous aviez l’habitude de vous voir à l’extérieur !

-         1. c’est loin d’être une bande de naze ! 2. si tu crois que c’est comme ça que tu vas me convaincre de sortir avec toi tu te fourres le doigt dans l’œil ma vieille !

-         Tu sais que tu as changé Arno ! Avant qu’elle arrive tu n’étais pas comme ça !

-         De qui tu parles ?

-         De l’autre ?

-         Bah dis moi de qui tu parles et je te dirais si l’autre comme tu dis, à avoir le fait que j’ai soit disant changer !

-         Je ne peux pas les murs ont des oreilles !

-         Ah parce qu’en plus tu n’assumes pas !

-         Ce n’est pas ça mais vu qu’aujourd’hui c’est son jour je ne voudrais pas qu’elle en profite pour me mettre à un poste qui ne me plaît pas !

-         Alors là je vais te dire une chose, si elle décide que tu te taperas du comptoir toute la journée, tu le feras et tu la fermeras !

-         Pas si tu lui glisses un mot gentil pour moi !

-         Avec ce que tu viens de cracher ? Rêves !

Et il était sorti, se retrouvant face à une Mél médusée.

-         Ah ! t’étais là ?

-         Oui.

-         Tu vas bien ?

-         Mieux que toi !

-         Comment ça ?

-         Pourquoi tu laisses passer une opportunité ?

-         De quoi tu me parles ?

-         Bah de te taper la pire des hypocrites voyons ! je ne comprends pas ! Elle avait presque hurlé ces derniers mots, signalant ainsi sa présence à la reine des abeilles.

Il souria, heureux qu’elle soit là et qu’elle n’ait rien perdue de son sale caractère. Il s’approcha d’elle et lui glissa à l’oreille un « J’ai trouvé mon lit trop grand la nuit dernière !! », tout en se dirigeant vers les escaliers, fier, il était fier de son effet. Elle resta un instant immobile et se décida à entrer dans le bureau. La reine des abeilles faisait semblant de s’affairer, et lorsqu’elle s’installa au bureau afin de taper sur papier le planning de la journée, elle sentît l’autre idiote se pencher sur son épaule, curieuse de savoir ce que Mél lui réservait.

-         Tu seras au comptoir aujourd’hui !

-         Ah !

-         Oui j’ai cru comprendre que tu aimais parler pour ne rien dire, alors ça te changera ! Peut être qu’enfin tu ne parleras pas pour rien, ça devrait booster nos ventes !

-         Ouais mais je suis plus rapide en tireuse !

-         Oui mais j’ai déjà les meilleurs avec moi en labo ! Un équipe de nazes selon certaines !

-         Euh oui enfin je disais ça pour rire !Noter cette page

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Dernière mise à jour de cette page le 29/06/2008

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