CHAPITRE 5
Un ciné et après ???
Il l’avait attendu, elle avait pris son temps, elle s’était maquillée, coiffée, habillée en prenant soin de ne pas passer devant lui pour qu’il ne la voit pas, elle voulait l’impressionner, pas le draguer, ni même l’envoûter, juste le voir rester bouche bée, juste quelques secondes. Elle souriait à l’idée de le voir baver un peu, en même temps elle bavait bien elle, quand il se baissait devant elle par exemple ou tout simplement quand il insistait pour la regarder droit dans les yeux pendant des minutes qui parfois pouvaient lui sembler interminables.
- Tu viens de recevoir un message sur ton portable !
- J’arrive !
Elle s’était regardée dans la glace, réajustant son top noir, avait réajustée ses bottes et s’était faite un clin d’œil, se donnant l’impression d’aller à l’assaut. Elle marcha lentement, rejoignant le salon en sentant son cœur battre plus vite qu’à l’accoutumée et elle entra dans la pièce en faisant comme si de rien n’était.
- Tu me le passes s’il te plait ?
- Hein ? Quoi ?
- Mon portable ! Tu me le passes s’il te plait !
- Euh oui tiens !
Il avait rougi, enfin elle l’avait mis mal à l’aise. Il ne la lâchait pas du regard et lorsqu’il vît son visage s’assombrir à la lecture du message qu’elle venait de recevoir, il ne pût s’empêcher de se le ver, près à la consoler.
« Je suis désolé, je sais que je suis le pire des connards des fois, stp ne m’en veux pas ! Appelles moi quand tu voudras et on parlera je te le promets ! »
Elle avait rabattue le clapet de son portable, agacée par la tournure que prenait la situation et il l’entoura de ses bras.
- Qu’est ce qui se passe ?
- Rien ! Eh on avait dit une épaule pas les deux !
- Mais je ne pleure pas là !
- Raison de plus pour prendre tes distances !
- Tu sais que ta tenue me dit le contraire !
- Et depuis quand mes vêtements parlent !
- Depuis que tu les portes aussi bien !
- Et depuis quand tu te permets de me faire des avances ?
- Depuis que je sais que je te plais !
- Alors là je te trouve très sûr de toi !
- Tu vas me dire qui est celui qui t’a enlevé ton merveilleux sourire l’espace d’un instant ou je vais devoir continuer à t’asticoter toute la soirée ?
- Je ne suis pas sûre que tu aies assez de patience pour ça ! Si je le souhaite je peux être muette comme une tombe, ce qui cela dit en passant pourrait compromettre notre soirée !
- Surtout que j’adore entendre le son de ta voix !
- Arrêtes s’il te plait !
- Je ne fais que commencer !
- Eh bien dans ce cas je vais passer la soirée devant la télé, parce que tant que tu ne te seras pas calmé il est hors de question que je passe la soirée avec toi dans une grande salle plongée dans le noir !
- Très bien je m’installe aussi !
Il s’était installé à ses côtés et c’était à elle de rougir.
- Bon tu me dis qui s’étais et j’arrête !
- Mon mec !
- Ah !
- Eh oui !
- Et ?
- Et quoi ?
- Bah tu veux peut être le voir, plutôt que de passer la soirée avec un de tes collègues !
- Tu sais très bien que tu n’es pas qu’un simple collègue !
- Alors qu’est ce que je suis ?
- Je ne sais pas !
Il s’était rapproché d’elle, elle sentait son souffle sur son épaule nue et elle se sentait défaillir, il se rapprocha encore et vînt murmurer à son oreille ces quelques mots.
- J’ai envie de m’installer à côté de toi dans une grande salle plongée dans le noir, juste pour pouvoir te sentir près de moi, t’écouter respirer et continuer à te désirer sans que personne ne vienne nous déranger.
Elle se leva d’un bond, le dévisageant et puis tout d’un coup ce regard qu’elle avait voulue dur se radoucit.
- Bon on y va !
- Je suis prêt depuis presque deux heures !
- Oui je sais c’est moi qui t’ai fait attendre ! Ah les filles quel galère ! Hein c’est ça que tu te dis ?
- Non la seule chose que je me dis c’est « Quand est ce que j’arriverais à l’embrasser ? »
- Ah et qui veux tu embrasser ?
- Et c’est reparti pour un tour ! Je pensais pourtant avoir avancer !
- Ah c’est de ça que tu parlais ?
- Non en faites c’est la vierge Marie que je veux embrasser !
- Je me disais aussi que tu avais un esprit pervers.
Elle prît son sac et sa veste dans un sourire, lui indiqua le couloir pour l’inviter à sortir et récupéra son portable, avec lequel, tout en marchant, elle répondît au message de Dom.
« Je n’ai pas envie de parler ce soir mais je t’appel demain. Bonne soirée ! »
Elle s’était installée dans son fauteuil, il avait choisi la rangée du fond, la laissant quelques minutes seule à méditer sur la suite à donner à la soirée. Allait elle craquer et le laisser la guider vers une histoire qui risquait de les faire souffrir tous les deux ou allait elle continuer à lui résister ?
Elle en était là de ses réflexions quand elle le vit revenir auprès d’elle, souriant. Il laissa un siège entre eux, déposant la boîte de Pop Corn prête à craquer sur le siège vide.
- Je te fais peur ?
- Non mais comme tu ne veux pas que je te touche et que les sièges sont collés les uns aux autres, je ne voudrais pas que tu crois que c’est une occasion de plus pour moi de tenter une approche !
- Ah parce que tu as déjà fais des tentatives ? Je ne m’en étais pas rendu compte !
- Très drôle !
- Bon aller! Viens t’asseoir au lieu de jouer le gamin associable !
- Comme le dirait Clé c’est l’hôpital qui se fout de la charité !
- Tu trouves que je suis associable ?
- Non mais des fois, tu me fais peur !
- Moi ????
- Oui, tu as ce truc dans le regard qui dit « ne m’approchez pas où je pourrais vous mordre !!! »
- C’est une carapace !
- Je sais !
- Comment ça tu le sais ?
- Je le sais ! Tu penses que je ne fais que baver sur ta poitrine toute la journée ou quoi ? Je le sais parce que je te vois ! Je te regarde ! Je t’écoute aussi !
Elle voulait répondre mais touché par tant de sincérité, elle se sentît tout d’un coup toute petite et au moment ou elle aurait voulue juste poser sa main sur la sienne pour lui dire qu’elle aussi, elle le voyait, son portable vibra à nouveau.
« Demain c’est trop loin ! Tu me manques ! »
Elle souffla, elle s’en voulait d’être si bien avec un autre. Alors qu’elle lui avait reproché de ne pas s’épancher, de ne pas lui parler, elle, elle parlait, mais avec un autre.
- Qu’est ce qu’il te dit cette fois ?
- Hein ? Quoi ?
- Qu’est ce que dit le message de l’autre ?
- De l’autre ?
- Oui l’autre ! Je ne veux pas l’appeler par son prénom, ça ferait de lui une personne et je ne veux pas !
- Qu’est ce que tu veux pas ?
- Qu’il existe, qu’il te touche, qu’il te regarde et qu’il te garde !
- Mais il m’a déjà ! A mi temps pour l’instant vu son planning plus que chargé mais il m’a !
- Oui bah si il t’aimait vraiment il prendrait le temps ! Regardes moi, je suis là !
- Et comment je dois traduire ou décrypter cette phrase ?
- Non rien, laisses tomber ! Je me suis égaré !
Le film commença à ce moment là ! Elle l’observait, il mangeait son pop corn avec l’appétit d’un gosse qu’on aurait privé de sucreries depuis des années. Elle le trouvait si attendrissant, si touchant qu’elle eût l’impression qu’à tout moment elle pouvait basculer. Elle se concentra sur le film, tentant tant bien que mal d’effacer de son esprit toutes les images que les quelques mots qu’il avait prononcé avaient engendrés et lorsque enfin elle avait réussi à s’intéresser, elle le sentît s’approcher, il plaça sa tête dans le creux de son épaule et lui prît la main. Elle allait lui demander gentiment d’arrêter, quand il releva la tête.
- Tais toi s’il te plaît, laisses moi profiter !
- D’accord !
Il jouait avec ses doigts, caressant le dos de sa main avec son pouce. Elle sentait alors son cœur battre plus vite qu’elle ne l’aurait jamais crue. Il releva une fois de plus la tête et déposa un baiser dans son cou. Pendant un instant elle crût défaillir, se laissant bercer par son souffle court. Qu’aurait elle pu faire d’autres ? Il se releva de son siège timidement et colla alors son front au sien.
- Tu ne veux pas ?
- Non !
- Pourquoi ?
- Parce que je ne veux pas !
- Pourquoi ?
- Parce que ce n’est pas bien !
- Pour qui ? Pour toi ? Pour moi ? Pour lui ? Pour nous ?
- Pour tout ça !
- Pourquoi ?
- Parce que je l’aime ! Je suis désolé !
Elle se leva d’un bond et quitta la salle. A peine était elle sortie qu’elle manqua d’air, elle se colla contre le mur comme prise d’une angoisse qui la paralysait, son souffle court, ses mots qui résonnaient, ce regard auquel elle avait de suite accroché et aujourd’hui elle était là, à la sortie d’une salle de cinéma à se demander pourquoi le destin lui avait réserver une épreuve pareil.
Elle voulait le laisser faire mais l’assumerait elle ?, ça elle ne le savait pas et elle ne voulait pas le savoir.
Elle avait sorti son portable du fond de sa poche et avait machinalement composé le numéro de Dom.
- Oui c’est moi ! Tu peux venir me chercher à V3 s’il te plait ?... Oui je t’attends !... Bisous.
Elle s’était éloignée, marchant au même rythme que battait son cœur, il fallait qu’elle s’échappe, qu’elle puisse fuir. Elle regardait derrière elle, la peur qu’il sorte pour la rejoindre la tiraillait, elle rasait les murs et au moment ou elle se colla à nouveau sur l’un des murs qui longeait le long parking du centre commercial, elle le vît. Il avait regardé à droite, à gauche et était rester quelques secondes immobile, comme perdu. Elle l’observa un instant, entre l’envie de le rejoindre et de partir loin, elle ne savait plus quoi faire. Il sortît son portable de sa poche et de là où elle se trouvait elle pût le voir taper sur les touches de son mobile frénétiquement, c’est lorsqu’il referma le clapet avec rage qu’elle sursauta en sentant son téléphone vibrait dans sa main.
« Je ne t’en veux pas, je ne pourrais pas t’en vouloir !!! Regardes moi c’est tout ce que je te demande. Tu as dis une fois que le regard est le miroir de l’âme, alors regardes le lui et regardes moi, et prends moi ! »
Elle tremblait. Pourquoi lui faisait il ça ? Pourquoi il devait être lui, pendant qu’elle cherchait à faire en sorte d’être un « nous » avec Dom ? Elle se sentît glisser le long du mur, laissant les larmes couler. Pendant quelques minutes elle resta immobile, collée au mur, prête à s’enfoncer dedans si il le fallait, elle pencha la tête, il n’était plus là, son portable vibra à nouveau, un appel cette fois.
- Oui, je suis sur le parking, à côté de la sortie des employés ! Ok a tout de suite !
Elle se releva, enfila sa veste, refermant les boutons de celle ci, tentant de cacher sa tenue tant bien que mal, du revers de sa manche elle essuya ses dernières larmes et elle s’avanca vers la voiture qui arrivait dans sa direction. Elle ouvrît la portière et monta.
- ça ne va pas ma puce ?
- Si si, ça va !
- Ça n’a pas l’air !
- Si je t’assure ! Bon tu me laisses dormir chez toi ce soir ?
- Pas de souci ! Enfin il te faut peut être ta tenue pour demain ?
- Oui, bah on passe chez moi et ensuite on y va !
- Pas de problème ! Tu es sûr que tu ne veux pas me dire ce qui se passe ?
- Mais rien ! Je t’assure que tout va bien ! Démarres tu veux !
Chapitre 5 partie 2
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