Chapitre 4 Souvenir

CHAPITRE 4

 

Metro, boulot, dodo !!!

 

Les semaines s’étaient enchaînées, se transformant en mois et Mél avait non seulement pris ses repères mais son travail si prenant lui plaisait tellement qu’elle partageait difficilement son temps entre ses amis, ses sorties, son petit ami et ses journées qui ne finissait jamais avant 20h. Dom qui avait fais quelques efforts au début, n’en faisait plus en ce milieu d’année, la laissant se dépêtrer avec ses journées à rallonge. Pour tenter de lui faire plaisir elle avait décidée de s’accorder un week end, deux jours pour eux deux, deux nuits qui devaient leur laisser le loisir de s’aimer sans regarder la montre. Le vendredi soir il était venu la chercher au travail, jouant les grands seigneurs en lui offrant une soirée au restaurant, portant les quelques bouquins lui permettant d’obtenir un nouveau grade au sein de l’équipe.

-         Bonne soirée Miss !

-         Bonne soirée les gars, à lundi !

Et elle était partie, elle avait noué des liens avec 4 des garçons de l’équipe, sa petite bande, avec laquelle elle passait le plus clair de son temps. Cette petite équipe qui s’était monté sans le vouloir faisait jaser au sein de la cour de la reine des abeilles mais elle s’en fichait, et puis les filles sont ce qu’elles sont, devant tout allait bien, elles lui léchaient presque les bottes, pêchant des infos sur les quatre mâles qui l’entouraient mais cela la faisait bien marrer. En effet elle s’était rapprochée d’Arno qui s’était avéré être un macho au cœur tendre, un mini nounous comme elle aimait l’appeler, elle avait fais plus ample connaissance avec Xav un nouveau, Patrice celui avec qui elle avait débutée était un bout en train planquer dans un corps de petit bourgeois, et son amitié de la veille s’était vue renforcée avec Tommy.

-         C’est qui ce mec qui te regarde avec des yeux de merlans frits ? avait demandé Dom, à peine jaloux.

-         Un collègue et il ne me regarde pas avec des yeux de merlan frits !

-         Ouais je te crois ! Sachant que tu passes plus de temps avec eux qu’avec moi je peux me poser des questions non ?

-         Non ! Parce que ce n’est pas mon genre d’aller voir ailleurs, même si effectivement j’ai déjà laissé passer quelques occasions !

-         Ah ouais !

-         Ouais !

-         Et quel genre les occas ?

-         Genre, grand, black baraqué avec des yeux noisette à croquer !

-         C’est marrant je crois que je le connais ce mec !

-         Tu crois ?

Et elle lui avait accordé un de ses baisers, celui qui disait il n’y a que toi. Elle croyait en leur histoire comme une gamine croit au père noël mais lorsqu’ils étaient montés sur le tapis d’escalator qui laissait une vue dégagée sur le magasin, elle avait croisé son regard à lui et malgré toute sa bonne volonté, elle n’arrivait pas à faire comme si ses yeux là ne lui parlaient pas. Elle avait tourné la tête, l’éviter lui paraissait plus judicieux et s’était plongée dans le regard de son amant, préférant ignorer ce qu’elle ressentait.

-         Alors ou est ce que tu m’emmènes manger ?

-         On va au Saint Michel qui comme son nom l’indique se trouve à Saint Michel, tu sais près des statues que tu adores regarder pendant des heures !

-         Oui génial ! Et ensuite ?

-         Ensuite on ira boire un verre avec sysy qui me tanne pour te voir et me voir.

-         Mais comment elle a eue ton numéro ?

-         Cléia lui a donné ! Elle a prétexté la préparation d’une surprise pour ton anniv et elle m’a appelée ! Elle m’a dis (il imite la voix d’une fille !!!) je veux absolument voir celui qui rend une de mes meilleures amies si heureuse !

-         Elle est grave ! Surtout que si elle était vraiment une de mes meilleures amies comme elle le dit si bien, elle m’aurait pas laissé pendant près de 3 mois sans nouvelles mais bon !!!

-         Tu veux qu’on annule ?

-         Non et puis de toute façon, je prétexterais un coup de fatigue et on s’éclipsera !

-         Ok ! Nom de code ?

-         Nom de code je suis fatigué !

-         Elémentaire !

Et ils avaient continué à rire jusque dans la voiture. Elle l’aimait tellement qu’à chaque fois qui la regardait elle avait l’impression que son cœur explosait mais pour une raison qu’elle ignorait encore, elle n’arrivait pas à tout lui dire, lui parler de ce qui lui avait fais mal avant, ce qu’elle ressentait vraiment. Des discussions qu’ont les couples dits normaux, avec lui elle n’y arrivait pas, peur de le choquer, peur qu’il la prenne pour une folle. Tous ces mots qui avec lui ne sortaient pas, avec lui, celui qu’elle n’osait pas regarder dans les yeux de peur de voir ses pulsions s’accomplir en une seconde, avec lui elle parlait. Arno avait l’oreille attentive et le visage qui allait avec. Elle se sentait attirer par lui, et il était attiré par elle.

La soirée s’était passée sans encombre, un dîner aux chandelles romantique à souhait s’était elle dit, des regards langoureux et amoureux, des « je t’aime » murmurés, elle avait l’impression de rêver.

-         Bon ma puce, je ne veux pas te brusquer mais y en a une qui va nous attendre !

-         Je sais ! Mais je suis bien là !

-         Moi aussi !

-         Tu sais j’ai l’impression qu’à des moments toi et moi on peut se regarder et se comprendre sans parler !

-         Oui c’est vrai !

-         Mais à d’autres moments !

-         Non je te le dis tout de suite si tu as l’intention de me faire des reproches j’ai pas pris 2 jours de congés pour ça !

-         Ok et comme d’hab je me tais !

-         Je vois que t’avais décidé de gâcher la soirée.

-         Non je pensais qu’on pouvait parler c’est tout ! Bon on y va ! Ma meilleure amie va nous attendre ! Et elle s’était levée réajustant son manteau, souriant pour la circonstance et il fît de même.

Sur le trajet qui les séparait du point de rendez vous fixée, ils n’avaient pas échanger un mot, ni même un regard et une fois de plus elle n’avait rien dis, préférant faire semblant que tout allait bien. La brasserie ou ils avaient rendez vous s’appelait « le départ », c’est à cet endroit que Mél et ses amis venaient le plus souvent, ouvert de jour comme de nuit, ils avaient souvent fini leur soirée ici, discutant de tout et de rien, refaisant le monde parfois, pleurant sur leur déboires amoureux à d’autres occasions. Ils connaissaient tous le patron, et elle l’avait toujours aimé comme le grand père qu’elle n’avait jamais eu. Il avait pleuré lors de son pot de départ organiser par les hommes de sa vie, ses meilleurs amis, il avait toujours été la pour l’écouter et l’épauler quand elle en avait besoin et depuis qu’elle était partie, elle avait pris soin de l’appeler toutes les semaines tel un rituel, juste pour prendre de ses nouvelles alors quand elle mît à nouveau les pieds dans l’endroit qui avait bercé son adolescence, elle s’accrocha au bras de Dom qui ne comprenait pas qu’elle puisse avoir les larmes aux yeux.

-         Oh ma méli joli tu es là !

-         Eh oui Paul je suis là !

-         Une heure que sysy me dit que tu vas venir et une heure que je lui dis que ce n’est pas vrai ! il la prît alors dans ses bras et lui chuchota à l’oreille, j’adore la faire tourner en bourrique ! et dis moi c’est qui celui là ? en désignant Dom du coin de l’œil.

-         Paul je te présente Dominic mon ami !

-         Enchanté jeune homme ! Alors vous vous occupez bien de ma petite fille j’espère !

-         Je ne sais pas si je m’en occupe bien mais j’essaie en tout cas !

-         Je l’espère aussi ! Alors qu’est ce que je vous sers à boire ?

-         Dom qu’est ce que tu veux ?

-         Je ne sais pas ! la seule phrase qu’il fût capable de dire lorsqu’il aperçût au loin la plupart de mes amis installés à la table d’en face.

-         Je vais te prendre un bailey’s Paul ! Un petit pour commencer !

-         Tu ne conduis pas ma belle, profites en ! Et il avait disparu dans la réserve du café tel un fantôme traversant les murs.

-         Elle ne m’avait pas dis que tous tes potes au grand complet serait là !

-         Je te signale que je n’étais même pas au courant que je devais la voir ce soir, alors si tu as des reproches à me faire je n’ai pas pris une journée de congé pour les entendre ! Contentes toi de sourire on s’engueulera après si tu veux bien ! Et elle avait rejoint ses amis souriants comme à son habitude.

Ces derniers mois avait été difficile autant pour lui que pour elle, chacun à leur niveau ils voulaient cartonner professionnellement parlant, au détriment de leur relation amoureuse bien sûr. D’une relation virtuelle ils étaient passés à une relation à distance, apprenant tant bien que mal à se connaître, mettant parfois de côté leur caractère fort, mais ce soir là pour une raison qu’elle ignorait encore elle avait décidé qu’elle ne le laisserait pas se défiler, elle ne le laisserait pas lui reprocher ce qui n’allait pas dans leur relation sans se défendre et la joute verbale et la dispute qui allait suivre débuta timidement devant ses amis à elle, ceux qui plus que tout voulaient la protéger, ce qui n’augurait rien de bon concernant l’intégration de Dom au sein de son groupe d’amis.

-         Alors les garçons je vous présente Dom !

-         Dom ! je te présente Nicolas mon meilleur ami, Karim un ami d’enfance, David un ami d’enfance aussi, Pierre le seul et unique intrus puisque je ne le connais que depuis 10 ans, et sysy ma meilleure amie qui a une bien plus grande bouche que moi et qui se permet d’appeler mon petit ami derrière mon dos !

Il les salua chacun leur tour, prenant son air d’ours mal léché qui avait le don de la mettre en boule et ils s’installèrent autour de la table. C’est David le premier qui mît les pieds dans le plat, mettant Mél mal à l’aise bien entendu.

-         Alors comme ça tu es gendarme ?

-         David ! Mél l’avait presque supplié à ce moment là, l’implorant de vouloir se taire.

-         Bah quoi ce n’est pas vrai ?

-         Oui je suis gendarme ! Et je ne sais pas pourquoi ça la dérange que j’en parle !

-         Peut être parce que tu m’as déjà fais comprendre que tu n’étais pas QUE gendarme !

-         Je ne suis pas QUE gendarme mais ça ne me dérange pas que tes amis s’y intéressent !

-         Oui y a qu’avec moi que ça te dérange en faites ! Excuses moi je n’avais pas bien compris !

-         Eh les jeunes on se détend ! Et voilà la tentative de mon meilleur ami de nous rabibocher en public. Détendez vous c’est une petite soirée de présentation, rien d’officiel on est pas de la famille et on vous rassure on compte pas vous marier ce soir !

-         Bah là je vais te dire on en est loin ! Bon je vais voir ce que fait Paul ça va me détendre !

Et elle était partie, le laissant là à la merci de ses amis à elle, elle savait qu’il s’en sortirait tout seul et puis ça lui ferait les pieds, il ne voulait pas lui parler à elle, il n’aura qu’à leur parler à eux et puis ils aimaient ça, ils tenteraient sûrement de tester son humour comme sa répartie et ça ne lui ferait pas de mal. Elle s’accouda au bar, demandant au serveur où pouvait se trouver le patron et il lui indiqua la porte de la réserve. Elle entra et comme elle l’avait fais des milliers de fois, elle s’installa sur la chaise de bar bancal qui était toujours au même endroit et elle l’observa un instant sans rien dire. Il s’affairait, elle avait demandé un Bailey’s mais il lui préparait un Irish Coffee comme il l’avait toujours fais. Il se cachait toujours pour lui préparer, c’était sa surprise à lui pour elle. Elle aimait cet homme, qui avait remplacé dans son cœur les deux grands pères qu’elle n’avait jamais eu.

-         Tu crois que je ne te vois pas !

Il sursauta et se retourna souriant.

-         Tu sais qu’un jour je ferais une crise cardiaque si tu continues à me surprendre comme ça !

-         Mais non, ton cœur est aussi fort que ton café, impossible qu’il fasse une crise.

-         Mouais c’est ça ! Mais tu sais je ne suis pas tout jeune ! Alors dis moi ce qui ne va pas !

-         Tout va bien !

-         Quand tu viens me voir dans la réserve c’est que ça ne va pas ! Alors dis moi !

-         Il me fatigue !

-         Je ne l’aime pas !

-         Tu n’aimes jamais les hommes que j’aime ! Regardes Vincent tu le connaissais depuis des années et dès que tu as su que nous étions ensemble tu m’as dis que tu ne l’aimais pas !

-         Ce que je n’aimais pas c’est l’idée que vous ayez caché pendant des années que vous étiez ensemble ! Sinon je l’aime beaucoup, un peu comme toi ! Comme si c’était mon fils !

-         Oui et là tu n’as même pas encore parlé avec lui ! Alors tu ne peux pas dire que tu ne l’aimes pas !

-         Je dirais juste que je ne le sens pas !

-         Pourtant il sent très bon !

-         Tu es très drôle tu le sais ça !

-         Oui on me l’a déjà dis !

-         Bon tu te décides !

-         Rien c’est juste que je ne sais pas sur quel pied danser avec lui !

-         Alors tu vois je te l’avais dis !

-         Mais ça ne veut pas dire qu’entre lui et moi ça ne marche pas ! C’est juste qu’entre sa grande gueule et….

-         Et la tienne ! Il n’y a pas beaucoup de place pour l’amour, la tendresse et la complicité !

-         Comment tu as deviné ?

-         Parce que Vincent avait ses défauts mais quand vous étiez ensemble, même à quelques mètres l’un de l’autre, tous les deux s’était une évidence, et là je n’ai rien ressenti en vous voyant !

-         Tu sais que tu ne me rassures pas !

Chapitre 4 (2eme partie)

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Dernière mise à jour de cette page le 28/06/2008

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