Chapitre 3 Souvenir

CHAPITRE 3

 

Période d’essai terminée Ouf !!!!!

 

Ses deux semaines d’essais passèrent à la vitesse de l’éclair, entre fatigue et concentration. Pour la première fois elle n’avait vécue qu’à moitié les fêtes de fin d’année, passant une seule journée au sein de sa famille. Ses parents fiers que leur fille ait trouvés un boulot l’avaient bombardés de questions et de recommandations et elle avait fini par rentrer… épuisée. Le jour de l’an avait été des plus calmes, une fête entre ami, certes une soirée bien arrosée mais elle n’avait pas le cœur à la fête, celui qu’elle aimait se faisait trop discret à son goût et elle finissait par se lasser de cette situation des plus cocasses. Un jeune homme rencontré via un chat sur son mobile, ils avaient accrochés presque immédiatement passant des heures au téléphone mais de par son métier à lui et ses ambitions à elle, leur relation avait dû mal à passer du virtuel au réel alors forcément les sentiments de départ s’étiolaient.

C’est un matin de Janvier, une matinée des plus froides que les choses avaient basculées pour leur couple. Mél s’était levée déjà fatigué par la journée qui l’attendait, comme tous les matins depuis presque trois semaines, elle se leva, s’installa dans le canapé du salon, les yeux dans le vide, elle buvait gorgée par gorgée son café, le regard perdu dans le vide. Son ami Clé se leva à son tour quelques minutes plus tard, plus pimpante et plus loquace qu’elle.

-         Qu’est ce qui t’arrive ?

-         Quoi ?

-         Ça n’a pas l’air d’aller ! Tu es de mauvaise humeur ?

-         Non.

-         Ouh je vois que la conversation va être des plus constructives ce matin !

-         C’est le matin !

-         Oui il est 09h donc c’est le matin effectivement !

-         Drôle !

-         Moi pas comprendre ! La planète terre rappelle Mél !

-         Je disais, tu es drôle !

-         Ah tu as réussi à faire une phrase, on y arrive !

-         Petit à petit l’oiseau fait son nid !

-         Bon écoutes sois tu craches le morceau, soit je m’enferme dans la salle de bain immédiatement pendant que tu iras te pendre !

-         Bon puisque dès le matin tu veux que je m’énerve, je te le dis clairement, OUI je suis de mauvaise humeur, et en ce qui concerne le pourquoi ! je ne sais pas ! Enfin si peut être que le fait d’avoir un mec à mi temps, non qu’est ce que je raconte, un mec invisible ! Que je suis crevé et que je n’ai pas envie d’aller bosser font partis intégrants du fait que je n’ai pas envie d’avoir de discussion philosophique sur mon état !

-         Ah je me disais aussi, c’est encore Dom dont on parle !

-         Qui d’autres ?!

-         Franchement si il te dit qu’entre vous c’est sérieux et que dès que possible vous vous verrez, pourquoi te prendre la tête ? Et puis tu n’as pas signé de contrat d’exclusivité ? D’ailleurs ce soir on sort !

-         Ah non ! Aujourd’hui c’est les retours des fêtes, la boutique va être blindée toute la journée à ce que Tommy m’a raconté et franchement je ne pense pas que je serais d’attaque pour une sortie entre filles !

-         Tut tut !!! Déjà on ne sera pas qu’entre fille, puisque les garçons viendront et en plus ça te fera le plus grand bien !

-         A une condition que vous les filles qui vous comportez comme des filles, évitiez de parler de trucs de filles !

-         Et toi pour une fille qui n’aime pas les filles en tant qu’ami je trouve que tu utilises le mot filles bien souvent !

-         Quand je te disais que t’étais une vraie comique !

-         Quand je te disais que j’arriverais à te faire sortir ce soir !

Et les deux jeunes femmes tentèrent désespérément de se préparer en se bousculant pour accéder à la salle de bain, combat qui fût gagner par Clé qui savait jouer des coudes pour se hisser au sommet.

Mél passa le reste du trajet vers le boulot, le casque vissé sur les oreilles, un peu ailleurs, un peu parti, ruminant sa relation comme on rumine un chewing gum qui n’a plus de goût. Elle avait envoyé par texto une sorte d’ultimatum à l’homme qui devrait normalement partager sa vie.

« Si on ne s’est pas encore vu c’est parce que tu penses que je n’ai pas plus d’importance que ton boulot, alors si d’ici une semaine je n’ai pas reçu mon premier baiser, dis toi qu’entre nous cela n’aura été qu’un joli comte de fée, inachevé !!!!!! »

Et c’est le cœur un plus léger qu’elle avait pénétrer dans la réserve du magasin, apercevant de nouvelles têtes, des nouveaux pour certains, venus en renfort pour cette grosse journée et des anciens, ceux qui avaient pris des vacances pour la période des fêtes et dans ces quelques personnages inconnus elle en reconnut un, enfin non pas que son visage lui disait quelque chose, mais ce pantalon à pince qui moulait ce joli postérieur lui disait vaguement quelque chose.

-         C’est jolie fesse !

-         Hein ? Oh Tommy tu m’as fais peur ! Qu’est ce que tu racontes ? lui avait balancé Mél, choqué et amusé par l’aplomb de son ami.

-         Bah quoi ce n’est pas ce que tu as dis ?

-         Si mais pas si fort on pourrait me prendre pour une obsédée !

-         Ce n’est pas ce que tu es ? Bon viens je vais te le présenter !

-         Non mais… Et elle n’eût pas le temps d’argumenter…

-         Arno ! Viens voir là que je te présente la fille dont je t’ai parlé, enfin la nouvelle avec un sale caractère plutôt, tu sais celle que tu as bousculé avant de partir en vacances comme le lâche que tu es ! il s’était retourné, avait lancé un clin d’œil complice à Mél et avait serré la main d’Arno en disant cela.

Il s’était retourné, l’avait regardé, lui avait même souri et elle était conquise, prête à fondre là maintenant, tel un glaçon qu’on aurait mis sous un soleil de plomb. Elle rougissait, elle le sentait mais elle tentait de garder son aplomb lorsqu’elle aperçut derrière lui, la reine des abeilles prête à bondir. Elle n’avait jamais cru pouvoir être conquise en quelques secondes et pourtant c’était chose faite, seule ombre au tableau, elle savait que ce genre de mecs n’étaient pas pour elle, trop beau peut être et un tantinet macho. Elle ne se posa pas de questions plus longtemps, vite interrompu par leur responsable qui leur distribuait leur planning de la journée, définissant leur poste respectif et Mél apprit vite qu’elle devait débuter aujourd’hui en tant que conseillère de vente, entre autre mot elle devait pour la première fois se retrouver au comptoir, à gérer les clients, les retards de certaines pochettes et les crises de certains clients mécontents. Son parrain pour la journée lui était alors désigner et présenter et deviner qui c’était ? Eh oui elle allait passer la matinée avec celui qui venait de la perturber. Il lui souria, se voulant rassurant.

-         T’inquiètes pas ça va bien se passer !

-         Je n’ai pas peur !

-         Menteuse !

-         Moi jamais !

-         Si ça se voit, t’es entrain de jouer avec la bague à ton pouce depuis tout à l’heure !

-         Et psychologue avec ça !

-         Non j’observe c’est tout !

-         Alors comment se fait il que tu n’aies pas vu les regards noirs que les filles m’ont jetés quand tu t’es approché de moi ?

-         Je les vois mais je les ignore ! Tu devrais faire la même chose ! De toute façon ma petite amie me suffit et des filles qui bavent dès que j’ouvre la bouche ça m’agace !

-         Et tu penses qu’elles bavent pourquoi ! Non parce que perso je ne vois pas !

-         C’est que tu deviendrais presque désagréable !

-         Presque !

Et ils étaient tous descendus, se plaçant tel une armée à leurs différents postes, laissant le soin au responsable d’ouvrir les grilles. Le flot incessant des clients ne permettaient pas de prendre son temps, bien au contraire et après avoir appris les quelques rudiments de l’accueil client, Mél était fière de dire qu’elle se débrouillait plutôt bien. La pause déjeuner arriva et elle évita avec soin son « parrain », préférant se ressourcer avant de retourner dans l’arène et lorsqu’elle rejoigna le labo pour vérifier que ses attributions n’avaient pas changées depuis le matin, elle trouva son responsable qui l’attendait.

-         Mél !

-         Oui.

-         Tu peux aller au kiosque cette après midi s’il te plaît !

-         Le kiosque ? Oui. Mais seulement si tu me dis ou c’est et ce que je dois y faire !

-         En faites c’est une sorte de petit magasin, la différence avec le labo c’est que tu ne fais qu’accueillir les clients et que les délais sont un peu plus longs.

-         Je veux bien mais tu ne penses pas que quelqu’un de plus expérimenté devrait y aller !

-         Non ! Arno m’a dit que tu te débrouillais très bien et si tu as un souci tu nous appelles.

-         Ok !

-         Emilie va te montrer ou ça se trouve !

La jeune fille se retourna alors sur sa collègue qui tout en lui souriant l’a poussa doucement vers la sortie. Dans les galeries désertaient par les acheteurs compulsifs en ces premiers jours de Janvier, Emilie en profita pour lui expliquer les règles de base à respecter lorsque l’on se trouvait au kiosque.

-         Tu as pris ton portable ?

-         Oui pourquoi ?

-         Bah tu risques d’en avoir besoin parce qu’en règle général au kiosque tu te fais chier alors autant trouver un moyen de s’occuper, mais rassures toi on a tous planquer des magazines dans un des tiroirs, histoire de faire passer le temps !

-         Ah ok ! Mais c’est permis ?

-         De quoi ? De lire pendant le boulot ? Bien sûr que non mais si tu es discrète, personne ne le saura.

Après un petit tour d’horizon de la cage de hamster qu’était le kiosque, Emilie rejoigna le labo. Au même moment le portable de Mél vibra lui indiquant qu’elle avait reçu un message.

« Je n’aime pas les comtes de fées et encore moins ceux qui sont inachevés. Et je déteste ta chemise elle ne te va pas ! »

-         Hein ?

Elle releva la tête et avec un air niais regarda une fois de plus son portable, tentant de décrypter le message.

-         Ma chemise mais…

-         Oui elle est horrible !

Et lorsqu’elle releva la tête pour la seconde fois, il était là accouder au comptoir de sa cage, la regardant avec un sourire si craquant qu’elle n’aurait pas pu lui résister plus longtemps !

-         Tu vois tu as fini par craquer et comme j’ai senti que si je ne venais pas j’allais passer à côté j’ai tout fais pour me libérer et venir te voir !

-         En même temps je ne pense pas que ce soit un sacrifice de quitter son taf une petite heure pour venir voir celle qu’on est censé aimer !

-         Censer ?

-         Oui censer !

-         Ah parce que tu n’es pas sûr de mes sentiments envers toi ?

-         Pour ça il aurait fallu que je te voie pour le savoir ! Et tu débarques alors que je bosse comment veux tu qu’on puisse discuter !

Au moment où elle allait s’approcher de lui, une cliente arriva, la coupant dans son élan.

-         Bonjour c’est pour des photos d’identités !

-         Oui bien sûr ! Venez vous installer !

-         C’est combien ?

-         6 euros !

-         C’est cher madame vous ne devriez pas rester ! Et voilà qu’il se permettait de juger les prix des produits alors qu’il n’était là que depuis quelques secondes !

-         Oui mais c’est un gage de qualité ! avait repris Mél, tentant tant bien que mal de garder son calme face à l’affront.

Il fît le tour du kiosque et se plaça à côté d’elle, ne la laissant pas se concentrer.

-         Relevez la tête madame s’il vous plaît !

-         Tu penses que tu vas y arriver ? lui avait il glissé à l’oreille, trop heureux de la déstabiliser.

-         Souriez ! Tu vas me laisser travailler tranquille oui ! un regard noir et un sourire forcé s’allongeait sur son visage, elle tentait vainement de ne pas paraître perturber.

-         Je vais l’avoir mon baiser ou il va falloir que je te supplie !

-         Madame si vous voulez bien patienter quelques instants ! Je m’occupe du tirage ! elle regarda l’imprimante portable lui permettant de faire des photos d’identité sur place, se concentrant sur son travail et lorsqu’elle vît la cliente s’éloigner de quelques mètres le regarda lui à nouveau. Si tu crois que tu vas m’avoir avec tes murmures et tes yeux doux tu rêves mon grand ! Elle se racla la gorge et reprit son sérieux. Madame vos photos sont prêtes !

La cliente revînt alors sur ses pas, récupéra ses photos, les paya et au moment de dire au revoir, regarda Mél et avec un sourire au moment de lui dire au revoir rajouta un :

-         Vous ne devriez pas lui résister ! Vous êtes jeunes profitez en !

Et elle tourna les talons.

-         Tu vois même elle elle le dit ! Tu ne peux pas me résister plus longtemps !

Mél lui souria, rougissante, elle sortît du kiosque se plaça devant lui et lui accorda alors son premier baiser, là en plein milieu de la galerie commerçante mais pendant quelques secondes la terre s’était arrêter de tourner et il n’y avait que lui, elle et leur premier baiser. Ils se stoppèrent, il la regardait, souriant, victorieux et au moment ou il se pencha pour recommencer.

-         Voilà Miss les pochettes de 14h !

Mél recula d’un coup, réalisant qu’elle était au travail et se retourna pour remercier son collègue mais la seule chose qu’elle pût voir c’est ces jolies fesses sur lesquels elle avait déjà bavé.

-         Merde !

Chapitre 4

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Dernière mise à jour de cette page le 28/06/2008

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