CHAPITRE 10
T’es parti ????
Comment se sent on quand on est entrain de mourir ?
Etait-ce ça ce grand soulagement dont elle avait déjà entendu parler ? Cette quiétude qui habite les mourants ! Elle se sentait partir et pourtant elle avait toujours cet étau qui se resserrait dans sa poitrine. En quelques secondes tout cela avait disparu, elle ne voyait plus et n’entendait plus rien. On voulait la faire revenir c’est tout ce qu’elle comprenait. Elle cherchait une lumière blanche dans les méandres de son esprit, cette chose qu’elle trouvait jusqu’alors presque ridicule, c’est pourtant ce qu’elle recherchait à ce moment précis. Mourir la rassurerait presque, tout valait mieux que cette douleur qui soulevait sa poitrine. Un pincement de plus, et si elle le pouvait elle se mettrait à hurler. Des cris, des voix, des claques même parfois et en un instant tout cela s’était arrêté. Un nuage, elle flottait, dans ses veines, elle sentît un liquide chaud prendre place et son cœur se calmer, mais elle ne revenait pas. Elle ne voulait peut être pas. Elle sentît ses paupières s’alourdir et son corps fît de même, elle se laissa aller, elle n’avait pas le courage de lutter.
Elle ouvrît difficilement les yeux, la lumière l’aveuglait et quand enfin elle pût enfin voir ce qui l’entourait, la panique la prît à la gorge. Une chambre bien trop blanche pour être la sienne, un matelas bien trop dur pour être le sien et cette odeur qu’elle ne saurait décrire lui piqua les narines. Elle se débattit un instant, sortant les bras de sous son drap.
- Mais qu’est ce que je fais là ?
Elle se releva avec difficulté, scrutant la pièce, cherchant quelqu’un qui pourrait la renseigner, mais personne à l’horizon.
- Depuis quand je suis là ?
Toujours aucune réponse. Elle tourna la tête, sur le fauteuil près de son lit, elle reconnût une veste et elle se laissa retomber sur son oreiller. Au moment où elle se décida à descendre de son lit, pour aller chercher les réponses à ses questions, la porte s’ouvrit.
- Tu es réveillé ? Enfin ! J’ai eu peur !
Elle ne répondît pas, entre déception et peur, elle préférait ne pas ouvrir la bouche.
- ça va ma puce ? Attends ! Je vais chercher le médecin, je reviens !
Sa première réaction fût de pleurer, sans aucune raison apparente, mais elle sentait qu’elle en avait besoin, alors elle pleura. Le médecin arriva rapidement, suivi de près par un Dom plus paniqué qu’à l’accoutumée.
- Pourquoi tu pleures ma puce ?
- Ne vous inquiétez pas ! Laissez lui le temps de réaliser ! Cela fait trois jours qu’elle dort, elle est un peu déboussolée. Je vais vous demander de sortir un instant, juste le temps que je l’examine !
- Très bien ! Je suis juste derrière la porte mon amour ! Je reviens !
Le médecin l’ausculta furtivement et lui expliqua enfin ce qui s’était passé.
- Vous avez une légère malformation de l’aorte qui n’a pas été détectée avant et qui apparemment est devenue un problème lorsque vous avez commencé à devoir faire face à un certain stress ! Mais rassurez vous avec les médicaments et un bon suivi ça ne devrait pas être trop compliquer à gérer ! La seule chose à faire c’est prendre les bonnes décisions et surtout suivre votre traitement à la lettre ! Et faire un choix utile concernant VOS histoires d’amour !
Mèl releva la tête, surprise par ce simili diagnostic.
- Vous vous demandez comment je sais que vous avez DES histoires d’amour ?
- Oui, je vous avoue que là je suis perdue !
- Ah ! Vous parlez c’est déjà ça !
- Ça ne change rien au fait que je ne comprends toujours pas comment vous savez quelque chose d’aussi personnel !
- Quand on vous a monté dans le service, vous étiez un peu agité, on vous a donné de la morphine pour calmer la douleur et on dira juste qu’elle agit presque comme un sérum de vérité !
- Merde ! Et j’ai dis quoi ?
- Pas grand-chose ! Vous répétiez en boucle, « Arno ne m’en veux pas ! Reviens ! »
- Ok !
- Rassurez vous ! Les infirmières lui ont fait croire qu’Arno, s’était l’infirmier des urgences qui s’est occupé de vous !
- Pas sûr qu’il les ait cru ! Vous savez, de par don métier, il a du mal à faire confiance… alors !!!
- Alors ! Vous êtes jeunes et pour l’instant vous avez autre chose à penser que de ménager les susceptibilités de ces messieurs. On va d’abord régler vos problèmes de cœur, médicalement parlant bien sûr et quand vous irez mieux, vous réglerez vos problèmes de cœur !
- Vous êtes un marrant vous !
- Il paraît ! Bon je fais rentrer le taureau dans l’arène ! ça va aller ?
- Ai-je le choix ?
- On l’a toujours ! Je repasse vous voir dans la journée, histoire d’être sûr que le traitement est adapté, on va sûrement vous garder quelques jours pour être sûr que tout va bien !
- Et mon travail ?
- Ah ça je ne sais pas dans combien de temps vous pourrez reprendre ! Il va falloir vous reposer avant !
- Très bien !
Le médecin sortît et dans la seconde qui suivit, Dom s’était installé sur son fauteuil.
- Tu m’as foutu une trouille bleue !
- Je suis désolé !
- C’est rien ! Mais pourquoi tu ne m’as pas dis que tu avais déjà eu des soucis ?
- Je ne le savais pas moi-même !
- Ce n’est pas vrai ! J’ai discuté avec le médecin et Clé lui a dis que les pompiers étaient déjà venus parce que tu t’étais écroulé en pleine nuit !
- Clé a une grande bouche !
- Toi aussi d’habitude !
- Comment je dois le prendre ?
- Comme ça ! Pour gueuler tu sais faire, pour me dire ce qui te touche vraiment par contre, c’est une autre histoire !
- Est-ce que tu as attendu trois jours sur ce fauteuil juste pour m’en mettre plein la gueule ou est ce que tu t’es dis que t’allais passer pour le petit ami modèle auprès des infirmières ! Non parce que pour ce titre là je te promets que c’est même pas la peine de tenter ta chance !
- C’est marrant ! Je m’attendais à cette réaction ! De toute façon en générale quand une meuf veut te dire qu’elle en aime un autre et qu’elle veut te larguer, elle ne le dit pas, elle te le fait comprendre !
- Tu…
- Je… Je… quoi ? Tu l’aimes ou pas ? Pourquoi tu ne m’as rien dis ? Et moi tu m’aimes encore ou c’est mort ? En faites c’est plus pour ça que je suis resté là trois jours. Parce qu’au moins du fond de ton lit, tu ne peux pas t’échapper !
- Et tu t’es dis que comme ça t’aurais le résultat du grand concours, « De qui Mèl est elle réellement amoureuse ? » Je crois que le médecin m’a parlé de repos, mais en aucun cas j’ai entendu parler de prise de tête !
- Et moi je veux savoir si je reste là à te regarder m’échapper ou si je reste là près de toi et que je te promets que je vais faire de mon mieux pour être un mec bien.
- Est-ce que tu sais au moins ce que c’est d’être un mec bien !
- Dis moi d’abord si tu l’aimes ?
- Oui…
- Et moi ?
- Aussi…
- Et je dois faire quoi moi dans tout ça !
- Me laisser du temps !
- Pour ?
- Pour comprendre ce qui m’arrive d’abord et ensuite je prendrais une décision.
- Ah parce que t’as besoin de prendre une décision ?
- Ecoutes on va faire mieux, soit tu restes là près de moi, seulement et seulement si tu en as envie ! Sachant que notre relation est actuellement en Stand By, le temps que j’aille mieux et que je sache ou j’en suis ! Soit tu sors de cette chambre et de ma vie !
- Et qu’est ce que tu veux toi ? Là maintenant qu’est ce que tu veux ?
- Je ne sais pas ! Je suis franche, j’en sais rien ! Je sais que je veux que tu sois près de moi, mais je ne veux pas que tu penses que je joue avec toi !
- Tu ne l’as pas fais jusqu’à maintenant ?
- Non je n’ai pas joué, j’ai voulu te dire ce qui n’allait pas, tu ne m’as pas écouté ! J’ai essayé de te dire que j’avais quelqu’un d’autre dans ma vie, mais j’ai manqué de courage et je m’en excuse, mais là aujourd’hui je ne veux pas être seule, mais je ne veux pas que tu crois que tu es un bouche trou, alors je te laisse prendre la décision, et quand le moment sera venu, je prendrais mes responsabilité et je te dirai ou on va !
- Alors je reste ! Mais hors de question que tu tentes de me violer pendant mon sommeil !
- Ecoutes pour l’instant, la seule chose que je voudrais, c’est pouvoir bouger sans avoir l’impression que ma poitrine va exploser, alors pour ce qui est du viol, je crois que tu peux ranger tes vieux fantasmes au placard, je suis actuellement incapable de te faire quoi que ce soit !
Il lui prît la main, lui sourît. Elle se sentît bien comme ça, mais était il celui qu’elle aurait voulue voir à son réveil !?
La semaine qui suivît passa à la vitesse de l’éclair, entre examen et repos, leur relation n’avait pas beaucoup plus évolué mais ils s’étaient rapprochés, elle ne regrettait qu’une chose, Arno n’avait pas donné de nouvelles et même si Dom lui avait, à plusieurs reprises, que si elle devait prendre une décision les concernant, il lui fallait peut être le voir lui aussi, elle n’avait pas voulue l’appeler, pas devant lui. Elle avait eue l’autorisation de rentrer chez elle, mais à quelques conditions. La première interdiction de faire des efforts tant que le médecin ne lui en aura pas donner l’autorisation, la deuxième de ne pas reprendre le travail sous prétexte qu’elle se sentait mieux, la troisième de bien suivre son traitement et la dernière mais pas des moindres, de venir à tous les rende vous fixés, afin de bien ajuster le dit traitement.
- Tu vois ! T’es enfin libre !
- Oui bah ça n’empêche que je ne peux toujours rien faire !
- Toujours à râler à ce que je vois ! avait lancé Clé avant même d’avoir mis le pied dans la chambre.
- Oh toi ne commences pas hein !
- Tu crois que tu vas me faire peur ! Je suis sûr que tu as besoin d’aide pour sortir de ton fauteuil roulant ! Alors avant que tu me mettes une raclée, j’ai le temps de faire le tour du monde et de revenir !
- Vas ! Voles ! Cours ! Parce qu’un matin je viendrais te la mettre ta raclée et tu vas morfler ! Petite peste, te moquer d’une malade ! Tu n’as pas honte !
- Et maintenant tu veux nous faire pitié ! Dis moi Dom, comment as-tu ais pour la supporter toute la semaine ?
- Il paraît que l’amour rend aveugle !
- Ah je me disais qu’y avait un truc ! avait dis Clé espérant dissiper le malaise qui venait de s’installer.
Le retour à l’appartement se fît dans le silence. Dom aida Mèl à reprendre ses quartiers et repartît rapidement, déposant un baiser sur le front de la jeune femme, baiser qu’elle pût interpréter sans peine, un baiser furtif mais si tendre qu’elle se demanda un instant, si depuis leur 1er rencontre il avait déjà fait preuve d’autant de tendresse. Elle s’installa sur le canapé, tendît l’oreille, attendant d’entendre la porte se refermer et regarda Clé avec un air triste.
- Il sait.
- Je sais.
- Comment ça tu sais ?
- Il me l’a dis !
- Et qu’est ce qu’il t’a dis au juste !
- Quand on l’a appelé pour le prévenir que t’étais hospitalisé, d’ailleurs tu devrais peut être modifier le nom de la personne à prévenir en cas de problème dans ton agenda, il m’a demandé si on devait pas prévenir l’autre aussi !
- Charmant !
- Eh ! Et Arno il l’appel comment ?
- Ouais ! Ok ! un point partout !
- Et tu vas faire quoi maintenant ?
- Déjà me reposer un peu ! Ensuite je vais essayer de voir Arno ! Parce qu’il s’est fais plutôt discret ces derniers jours !
- Avec toi peut être mais…
- Mais quoi ?
Noter cette page
0/10 sur 0 vote
Sélectionnez une note dans le menu déroulant.Aucun commentaire
Créer un site internet gratuit avec E-monsite.com
- Signaler un contenu illicite
- Voir d'autres sites dans la catégorie Littérature
Videos Droles
- Clips musique
- Cours création de site web